
<p>Le matin, quand le thermomètre frôle le zéro, beaucoup gardent leur grosse doudoune pour prendre le volant, même pour un court trajet. On s’installe, on serre le col, on boucle la <strong>ceinture de sécurité</strong> par dessus et on démarre. Ce réflexe semble logique pour ne pas grelotter sur la route.</p> <p>Mais ce confort apparent cache un vrai sujet de sécurité routière, au point que certains pays sanctionnent déjà les conducteurs trop emmitouflés. En France, les experts se multiplient pour déconseiller de <strong>conduire avec une doudoune</strong>, non pas par manie du détail, mais parce que ce vêtement modifie le comportement même de la ceinture en cas de choc. Et là, l’écart entre sensation de sécurité et protection réelle peut surprendre.</p> <h2>Conduire avec une doudoune : un réflexe hivernal qui peut coûter cher</h2> <p>Un manteau trop volumineux peut limiter l’amplitude des bras sur le volant, gêner la rotation du buste pour vérifier les angles morts ou encore coincer légèrement la ceinture, ce qui suffit à faire considérer la tenue comme dangereuse. Cette règle est appliquée de manière stricte outre Manche, même si elle reste méconnue de nombreux conducteurs. En France, aucune disposition ne vise directement la doudoune, mais le Code de la route impose que le conducteur reste en permanence maître de son véhicule ; si un policier estime que votre manteau entrave vos mouvements, une contravention, généralement autour de 35 €, reste possible.</p> <h2>Doudoune et ceinture de sécurité : ce que montrent les essais</h2> <p>Au delà de la question de l’amende, ce sont surtout les spécialistes de la sécurité routière qui tirent la sonnette d’alarme sur la <strong>doudoune au volant</strong>. Des essais menés par des organismes comme l’ADAC, l’Automobile Club allemand, ont montré qu’en cas de choc à seulement 16 km/h, la ceinture comprime d’abord l’épaisseur du vêtement avant d’entrer en contact avec le corps. Autrement dit, la retenue n’est pas immédiate, même lors d’un petit accident qui ressemble à un simple accrochage.</p> <p>Avec une doudoune ou un manteau très épais, un espace vide de l’ordre de <strong>5 à 15 cm</strong> se crée entre le torse et la ceinture. En cas de collision, le corps "prend de la vitesse" dans cet espace avant d’être brutalement stoppé par la sangle. Celle ci, au lieu de rester bien positionnée sur les os du bassin, a tendance à remonter sur l’abdomen. Ce phénomène, parfois décrit sous le nom de "seat belt syndrome", peut provoquer des lésions graves aux organes internes comme le foie, la rate ou les intestins, avec un risque d’hémorragie interne. Et le problème ne concerne pas seulement les doudounes, mais aussi les manteaux très rembourrés, les gros pulls ou même les déguisements de fête. Comme le résume Michael Pfäffli, expert chez AXA : "Après un choc, la ceinture de sécurité doit d’abord comprimer les vêtements volumineux avant de protéger le corps. Cela entraîne une perte de précieuses millisecondes qui peuvent être cruciales en cas de collision." explique Michael Pfäffli.</p> <h2>Comment s'habiller au volant pour rester au chaud sans danger</h2> <p>En France, les autorités ne verbalisent pas spécifiquement le fait de <strong>conduire en doudoune</strong>, mais les spécialistes recommandent clairement de l’éviter. Leur conseil le plus simple consiste à enlever le manteau avant de démarrer et à privilégier des couches fines et ajustées, comme une <strong>veste softshell</strong> ou une <strong>veste polaire</strong>, qui laissent la ceinture se plaquer correctement contre le corps. Pour les enfants aussi, les pédiatres et les assureurs rappellent qu’il vaut mieux retirer la doudoune avant de les installer dans un siège auto, afin que le harnais ou la ceinture soit bien serré au plus près de la poitrine et du bassin.</p> <p>Quand il fait très froid ou que l’habitacle tarde à chauffer, certains gestes permettent de garder un bon niveau de confort sans sacrifier la sécurité. Les experts recommandent par exemple :</p> <ul> <li><strong>Retirer la doudoune avant de conduire</strong> et la poser sur le siège arrière, plutôt que de la garder enfilée sous la ceinture.</li> <li>Si vous ne pouvez vraiment pas l’enlever, ouvrir le manteau et faire passer la ceinture <strong>au plus près des hanches, sous le vêtement</strong>, puis rabattre la doudoune par dessus sans la fermer.</li> <li>Vérifier que la sangle ventrale repose bien sur le bassin et que la sangle diagonale touche la poitrine, sans être bloquée par une grosse épaisseur.</li> <li>Prévoir une couverture dans le véhicule pour vous couvrir une fois à l’arrêt, plutôt que de rouler engoncé dans plusieurs couches.</li> <li>Choisir des vêtements d’hiver souples, qui n’entravent pas les mouvements des bras ni la rotation du buste, et des chaussures qui permettent de bien sentir les pédales.</li> </ul> <p>Ces ajustements valent pour les longs trajets comme pour les petits parcours du quotidien, où l’on a tendance à se dire que "ce n’est pas bien grave". Pourtant, les crash tests montrent que même à faible vitesse, quelques centimètres d’épaisseur en trop entre le corps et la ceinture suffisent à réduire largement la protection. C’est un détail qui ne prend que quelques secondes mais change vraiment votre niveau de sécurité en cas de choc.</p> <meta name="original-source" content="https://www.mariefrance.fr/actualite/societe/vous-conduisez-en-doudoune-lhiver-les-experts-tirent-la-sonnette-dalarme-sur-ce-reflexe-qui-peut-couter-cher-1222016.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.mariefrance.fr/actualite/societe/vous-conduisez-en-doudoune-lhiver-les-experts-tirent-la-sonnette-dalarme-sur-ce-reflexe-qui-peut-couter-cher-1222016.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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