"C’est une très belle religion" : Jimmy Cliff était-il rasta ou converti à l'islam ? Ce que les gens ignoraient sur sa foi secrète
<p>Reggae, dreadlocks, Jamaïque : pour beaucoup, la <strong>religion de Jimmy Cliff</strong> allait presque de soi. Dans l’imaginaire collectif, l’interprète de <em>Many Rivers to Cross</em> et de <em>You Can Get It If You Really Want</em> restait associé à une image de chanteur rasta, porté par la vague qui a révélé Bob Marley et Peter Tosh.</p> <p>Sa mort à 81 ans, annoncée par sa famille ce lundi 24 novembre 2025, a fait renaître une question que ses fans se posaient depuis longtemps sans toujours l’articuler : Jimmy Cliff était il rasta, musulman ou chrétien ? Dans un message posté sur Instagram, son épouse Latifa a écrit : "C’est avec une profonde tristesse que je partage que mon mari, Jimmy Cliff, nous a quittés à la suite d’une crise d'épilepsie suivie d’une pneumonie", avant d’ajouter : "Jimmy, mon amour, repose en paix. Je respecterai tes dernières volontés. Je vous prie de respecter notre intimité durant ces moments difficiles".</p> <p>Derrière le chanteur jamaïcain aux tubes mondiaux comme <em>Reggae Night</em> ou sa reprise de <em>I Can See Clearly Now</em>, derrière James Chambers, son nom de naissance, et El Hadj Naïm Bachir, le nom adopté après sa conversion à l’islam, se cache un parcours spirituellement très libre. Difficile de coller une seule étiquette à sa foi.</p> <h2>La religion de Jimmy Cliff, une quête commencée dans le christianisme</h2> <p>Avant de devenir une légende du reggae, <strong>Jimmy Cliff</strong> a grandi dans le giron du christianisme. Elevé dans cette tradition, il l’a raconté plus tard comme son premier cadre spirituel, celui de l’enfance et de la famille. Pourtant, dès qu’il se fait un nom en Jamaïque, avec des titres comme <em>Hurricane Hattie</em> ou <em>Local Miss Jamaica</em>, puis grâce au film <em>The Harder They Come</em>, le chanteur se rapproche d’un autre univers très présent sur l’île : le rastafarisme.</p> <p>Là encore, tout n’est pas aussi simple que l’image. Jimmy Cliff s’intéresse au mouvement rasta, à son insistance sur les racines africaines, mais il prend ses distances avec son volet le plus mystique. Elevé dans le christianisme, il reste "distant du rastafari" et n’adhère pas au culte de l’empereur éthiopien Hailé Sélassié, rapporte L’Express. Pour un public qui associe souvent reggae et foi rasta, l’artiste brouille déjà les pistes, entre respect pour la culture rasta et refus de se fondre totalement dans ce courant.</p> <h2>De l’islam à une spiritualité sans étiquette, ce que Jimmy Cliff disait vraiment</h2> <p>Cette hésitation assumée se retrouve dans la suite de sa vie spirituelle. Attiré un temps par le bouddhisme, Jimmy Cliff se rapproche ensuite de l’islam. L’Express rappelle qu’il s’est "converti à l'islam par Mohammed Ali", et une biographie en français souligne qu’il est devenu El Hadj Naïm Bachir après cette conversion. Pourtant, dès 1979, le chanteur nuance fortement cette appartenance religieuse. "Je ne peux pas dire que je suis musulman. J’ai en effet étudié la théologie musulmane et le coran, c’est une très belle religion et qui n’est pas très éloignée de celle des Rastas. Souvent, plusieurs religions ne forment en fait qu’une seule et même foi... Tous les grands prophètes qui jalonnent l’histoire de l’humanité, de Jésus à Mahomet jusqu’à Marcus Garvey, tous sont venus sur terre pour nous rappeler certaines vérités qui sommeillaient en quelque partie de notre cerveau.", expliquait il en 1979.</p> <p>Et quelques années plus tard, en 1982, il ajoutait : "Les prophètes ne viennent jamais du monde des intellectuels, ils viennent du ghetto parce que c’est là que la vie prend toute sa signification." Là encore, l’accent est mis sur le message et sur les opprimés, plus que sur une institution religieuse précise.</p> <p>Au début des années 2000, Jimmy Cliff pose des mots encore plus clairs sur cette trajectoire multiple. Interrogé par L’Express, il résume son parcours par une formule devenue centrale pour comprendre la <strong>foi de Jimmy Cliff</strong> : "Toutes ces religions ont été pour moi des écoles dont je suis sorti diplômé. Mais, quand on est vraiment libre, on n'a pas besoin de religion." Tout en restant avide de spiritualité, il explique ne plus vouloir se laisser enfermer dans un cadre confessionnel unique. Sans être uniquement rasta, souligne encore le magazine, son credo reste très "peace" : "Nous sommes tous frères et sœurs." Un message que beaucoup de fans lisent dans ses chansons emblématiques, de <em>Many Rivers to Cross</em> à <em>Vietnam</em>, en passant par <em>You Can Get It If You Really Want</em>.</p> <h2>"Chacun de nous est une trinité"</h2> <p>Dans la même interview, Jimmy Cliff rattache cette liberté intérieure à une vision très personnelle de l’individu, jusque dans ses textes récents comme <em>The World Is Yours</em>. "Tu peux et tu dois faire ce que tu veux, affirme le chanteur. Chacun de nous est une trinité. Le je domine, le moi reçoit et le moi-même coopère. Le but est de parvenir au juste équilibre afin de trouver sa propre liberté, sur le plan personnel, religieux ou politique." Cette "trinité" intime compte, dans son discours, davantage que l’appartenance à une église ou à une mosquée, et éclaire la façon dont il a peu à peu pris ses distances avec toutes les étiquettes religieuses.</p> <p>Au fil des années, plusieurs biographies rappellent que Jimmy Cliff se décrivait alors avec une vision très universelle de la vie, ne se réclamant plus ni du seul christianisme, ni du rastafarisme, ni même de l’islam, et disant croire davantage en la science qu’en une religion organisée. Pour les admirateurs qui pleurent aujourd’hui la mort de cet ambassadeur du reggae, l’homme que beaucoup pensaient simplement rasta ou musulman apparaît, à travers ses propres phrases, comme un artiste passé par le christianisme, le mouvement rasta, l’islam et le bouddhisme, pour finir dans une spiritualité sans étiquette, centrée sur l’idée que "nous sommes tous frères et sœurs".</p> <meta name="original-source" content="https://www.mariefrance.fr/news-people/cest-une-tres-belle-religion-jimmy-cliff-etait-il-rasta-ou-converti-a-lislam-ce-que-les-gens-ignoraient-sur-sa-foi-secrete-1222085.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.mariefrance.fr/news-people/cest-une-tres-belle-religion-jimmy-cliff-etait-il-rasta-ou-converti-a-lislam-ce-que-les-gens-ignoraient-sur-sa-foi-secrete-1222085.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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