FAIT DU JOUR La Blessure et la Soif, Fanny Ardant une femme amoureuse
<p>&Agrave; l&rsquo;Ombri&egrave;re d&rsquo;Uz&egrave;s, Fanny Ardant reprenait&nbsp;La Blessure et la Soif, seule en sc&egrave;ne dans un r&eacute;cit dans lequel Madame de Clermont traverse la passion, la faute et l&#39;abandon. L&rsquo;&eacute;criture de Laurence Plazenet est tr&egrave;s travaill&eacute;e, elle adopte un style &eacute;rudit, tr&egrave;s construit, qui rappelle le XVIIᵉ si&egrave;cle, justement l&#39;&eacute;poque du r&eacute;cit.</p> <h2>Confessions d&rsquo;une femme amoureuse</h2> <p>Dans La Blessure et la Soif, Fanny Ardant s&rsquo;abandonne avec gr&acirc;ce aux tourments de la chair. La com&eacute;dienne campe une femme qui se consume d&rsquo;amour pour son amant, dans une pi&egrave;ce &eacute;crite par Laurence Plazenet, mise en sc&egrave;ne par Catherine Schaub.&nbsp;Madame de Clermont pourrait &ecirc;tre la Princesse de Cl&egrave;ves de Madame de Lafayette.</p> <p>Elle est une femme&nbsp;mari&eacute;e &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 15 ans &agrave; un homme de trois fois son &acirc;ge. M&egrave;re de quatre enfants. H&eacute;ro&iuml;ne du XVIIᵉ si&egrave;cle, le c&oelig;ur pris&nbsp;dans une passion amoureuse adult&eacute;rine, qui consume tout. Fanny Ardant incarne cette femme li&eacute;e &agrave; son mariage. Impossible d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; cet ordre. Elle avance pourtant. Elle se confronte &agrave; Dieu.</p> <h2>Subjonctif imparfait</h2> <p>Elle assume la chute. Elle porte un texte qui utilise un style&nbsp;volontairement solennel, dense, marqu&eacute;&nbsp;par une syntaxe longue, un lexique important. Empreint de religion. Une&nbsp;grande attention est port&eacute;e au rythme, bien mis en valeur par l&rsquo;actrice fran&ccedil;aise. L&#39;auteur privil&eacute;gie la vie int&eacute;rieure &agrave; l&rsquo;action dans une tonalit&eacute; morale, tout cela port&eacute; par l&rsquo;emploi du subjonctif, comme preuve que Mme de Clermont vit presque exclusivement dans l&rsquo;inaccompli.</p> <p>Un effet de style qui peut cr&eacute;er une distance. Certaines phrases captent l&rsquo;oreille davantage que le sens. Fanny Ardant r&eacute;duit cet &eacute;cart, au talent. Sur sc&egrave;ne, l&rsquo;actrice maintient le rythme. Sa voix impose un mouvement continu. Elle joue sans d&eacute;tours. Les gestes sont ma&icirc;tris&eacute;s. Le corps reste sobre. Une robe bleu nuit, un d&eacute;cor noir plante le d&eacute;cor d&#39;une&nbsp;mise en sc&egrave;ne &eacute;pur&eacute;e par Catherine Schaub.</p> <h2>Ovation</h2> <p>La repr&eacute;sentation d&rsquo;Uz&egrave;s est comme une musique. Une phrase entra&icirc;ne l&rsquo;autre. Un souffle remplace l&rsquo;autre. On se laisse embarquer sans comprendre pourquoi. Le public appr&eacute;cie, applaudit. L&rsquo;actrice revient sur sc&egrave;ne, tr&egrave;s &eacute;mue. Elle esquisse un geste et puis s&rsquo;en va.</p> <p>La programmation de la sc&egrave;ne uz&eacute;tienne, est &eacute;clectique :&nbsp;th&eacute;&acirc;tre, musique, danse, humour, conf&eacute;rences. La s&eacute;lection est pointue et satisfait&nbsp;un public exigeant. Virginie Jarrin, la nouvelle directrice de l&rsquo;Ombri&egrave;re et du service culturel de la CCPU, a invit&eacute;&nbsp;cette saison,&nbsp;entre autres Patrick Timsit, Fanny Ardant, Louis Bertignac, Kheiron, Fran&ccedil;ois Cluzet,&nbsp;Fran&ccedil;ois-Xavier Demaison...</p> <p><em>La programmation de l&#39;Ombri&egrave;re c&#39;est <a href="https://lombriere.fr/programmation/">ici</a></em></p> Fanny Ardant &agrave; Uz&egrave;s
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