"Je sens qu'il va neiger" : pouvons-nous vraiment sentir quand il va neiger ? Ce que dit la science
<p>Ce petit frisson dans l’air, cette impression que le paysage va bientôt se couvrir de blanc, beaucoup l’ont déjà ressentie avant même de voir tomber le moindre flocon. On entend souvent quelqu’un dire "Je sens qu’il va bientôt neiger", comme si le nez servait de station météo miniature. Cette sensation intrigue, parce qu’elle semble parfois plus rapide que les applications sur smartphone.</p> <p>Entre croyances populaires, science de l’odorat et réactions du corps au froid, deux questions reviennent chaque hiver : peut-on vraiment <strong>sentir quand il va neiger</strong>, et la neige a-t‑elle, elle aussi, une odeur bien à elle ? Le nez, les nerfs et même les articulations réagissent à un ensemble de signaux météo bien précis. Ce qui donne une intuition étonnante, mais pas toujours exacte.</p> <h2>Sentir quand il va neiger : ce que votre nez perçoit vraiment</h2> <p>Avant de parler d’odeur, il faut rappeler comment se forme la neige. Elle apparaît quand l’air est assez froid pour que des cristaux de glace se forment dans les nuages, puis s’assemblent en flocons qui tombent une fois devenus suffisamment lourds. Juste avant ces chutes, la température, l’humidité et la <strong>pression atmosphérique</strong> commencent à changer, ce qui modifie la sensation de l’air, un peu comme avant un orage d’été où l’on a l’impression que l’air devient "lourd".</p> <p>L’air hivernal est généralement froid et sec, ce qui assèche le mucus autour des récepteurs olfactifs et atténue beaucoup les odeurs. Selon la scientifique <a href="https://www.rd.com/article/why-you-can-smell-snow/?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Pamela Dalton</a>, les odeurs sont comme "anesthésiées" quand le mercure frôle les zéros degrés. Quand l’humidité remonte à l’approche des flocons, ce décor presque sans fragrance se transforme, et cette odeur présumée de "neige" ressort davantage dans ce vide olfactif :</p> <ul> <li>le temps froid qui réduit la plupart des odeurs ambiantes,</li> <li>l’augmentation de l’humidité qui transporte mieux les molécules odorantes,</li> <li>et la stimulation d’un acteur clé, le <strong>nerf trijumeau</strong>.</li> </ul> <p>Ce nerf trijumeau se trouve dans le nez, mais il ne sert pas directement à sentir les odeurs, il transmet surtout des sensations physiques liées à ces odeurs. C’est lui, par exemple, qui fait que la menthe semble "fraîche" ou que la moutarde paraît piquante. Selon l'experte, l’air froid et les changements de pression stimulent ce nerf, qui envoie un signal particulier au système nerveux ; l’ensemble des signaux olfactifs et trigéminaux donne alors cette impression que l’on "sentent la neige qui arrive".</p> <p>La science explique aussi que ce nerf trijumeau donne la "texture" de ce que nous sentons, c’est‑à‑dire la sensation de froid vif, de piquant ou de douceur qui accompagne une odeur. Le nez humain est surprenamment sensible à ces variations : quand l’air devient plus humide, plus dense, un peu plus glacé au niveau des fosses nasales, le cerveau assemble ces indices et en déduit que la neige est peut‑être toute proche, même si aucune prévision n’apparaît encore à l’écran.</p> <h2>Odeur de la neige : ce qu’absorbent vraiment les flocons</h2> <p>Une fois au sol, la neige n’est pas qu’un tapis blanc uniforme. Sur le plan chimique, elle est hygroscopique, ce qui signifie qu’elle absorbe l’humidité de l’air, mais aussi les molécules odorantes en suspension. L’<strong>odeur de la neige</strong> dépend alors surtout de l’endroit où elle tombe et de ce qu’elle capture en route. Là encore, l’air, l’environnement et la météo jouent ensemble.</p> <p>Dans les zones rurales, les flocons qui se forment et tombent à travers une atmosphère chargée d’odeurs de bois, d’herbe ou de végétation vont emprisonner ces molécules. La neige au sol aura alors une odeur plus boisée ou plus terreuse, parfois presque "propre" pour celles et ceux qui associent ce parfum aux balades en forêt. En zone urbaine, au contraire, elle traverse un air contenant plus de particules liées aux gaz d’échappement ou à la combustion, et peut prendre une odeur plus proche de la pollution ou de l’essence, même si sa surface semble parfaitement immaculée.</p> <h2>Le "parfum de neige", c'est quoi ?</h2> <p>Une étude achevée en 2021 a montré que la neige joue le rôle de purificateur d’air, car elle absorbe de nombreuses molécules en suspension dans l’atmosphère. Mais ce qui disparaît de l’air se retrouve dans la couche de neige au sol, qui concentre alors certains polluants. Cette accumulation influence aussi sa fragrance : un même manteau blanc n’aura pas du tout la même odeur au bord d’une route très fréquentée qu’au milieu d’une prairie de montagne.</p> <p>Autrement dit, la neige pure, réduite à de l’eau glacée, a très peu d’odeur propre. Ce que nous appelons "parfum de neige" est en fait le mélange des molécules captées par les flocons en tombant, du degré d’humidité ambiante et des sensations physiques que l’air glacé provoque dans le nez. C’est ce cocktail, très local, qui explique pourquoi les souvenirs olfactifs d’un hiver à la campagne ou d’une tempête en ville sont si différents d’une personne à l’autre.</p> <h2>Neige, humeur et articulations : quand le corps croit prévoir la météo</h2> <p>Bien avant les cartes de Evelyne Dhéliat ou de Tatiana Silva, certaines personnes affirment sentir à l’intérieur de leur corps l’arrivée de la neige, par une nervosité inhabituelle, des nuits agitées ou des douleurs qui se réveillent. Ma grande taille évoque même une sorte d’euphorie collective observée avant les tempêtes blanchâtres, avec des élèves "moins attentif.ve.s et plus agité.e.s" quand la neige est annoncée. Les variations de <strong>pression atmosphérique</strong> et le bond de l’humidité viendraient faire caisse de résonance sur l’organisme.</p> <p>Les anciens associent souvent rhumatismes et chute de neige imminente, et plusieurs travaux pointent un effet possible de ces changements météo sur certaines douleurs "chroniques". Dans son livre <em>"Nous sommes tous météo sensibles"</em>, le présentateur météo Louis Bodin distingue notamment le froid sec et le froid humide : dans le premier cas, les vaisseaux sanguins se resserrent et le système cardiaque se met en quelque sorte en mode "accéléré", alors que le froid humide se répercute davantage sur les articulations déjà fragiles. La neige ne "façonne" pas de nouvelles douleurs chez quelqu’un qui n’y est pas sujet, mais peut accentuer des gênes existantes.</p> <h2>Pourquoi il est préférable de suivre les prévisions des experts météo</h2> <p>Toutes ces sensations corporelles ne sont pourtant pas des instruments de mesure fiables. Certains symptômes, "motivés" par les croyances populaires mais sans base scientifique solide, peuvent facilement induire en erreur : un mal de tête ou un nez qui coule n’annoncent pas automatiquement une averse de flocons. La météo reste une donnée "imprévisible" et "évolutive" qui ne se lit pas seulement au "feeling", même si beaucoup aiment se fier à leur instinct.</p> <p>En pratique, quelques indices sensoriels existent bel et bien : changement d’odeur de l’air, air plus humide, légère agitation intérieure, réveil de certaines douleurs articulaires. Ils traduisent que l’atmosphère est en train de bouger, que l’on soit ou non réellement météosensible. Mais pour savoir si ce bouleversement se terminera en pluie, en froid sec ou en gros tapis blanc, les spécialistes conseillent plutôt de regarder les prévisions de Louis Bodin ou de Tatiana Silva que de s’en remettre uniquement à ce que murmurent le nez et les articulations.</p> <meta name="original-source" content="https://www.mariefrance.fr/equilibre/je-sens-quil-va-neiger-pouvons-nous-vraiment-sentir-quand-il-va-neiger-ce-que-dit-la-science-1221749.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.mariefrance.fr/equilibre/je-sens-quil-va-neiger-pouvons-nous-vraiment-sentir-quand-il-va-neiger-ce-que-dit-la-science-1221749.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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