

Sur le tracé toujours aussi exigeant de l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari, Alpine Endurance Team a livré une prestation globalement convaincante ce samedi… sans pour autant repartir totalement satisfait.
Dans un FIA World Endurance Championship où tout se joue désormais à quelques dixièmes, la hiérarchie se lit autant dans les résultats que dans les occasions manquées.
Alpine Endurance Team : une FP3 dans la continuité, la #35 confirme, la #36 reste dans le coup
La troisième séance d’essais libres n’a pas bouleversé l’ordre établi, mais elle a confirmé un point essentiel : l’Alpine A424 est désormais une voiture capable de se mêler régulièrement au haut du tableau.
Classement FP3
| Pos | N° | Équipe | Pilote | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 50 | Ferrari | Fuoco | 1:30.370 | – |
| 2 | 51 | Ferrari | Giovinazzi | 1:30.693 | +0.323 |
| 3 | 35 | Alpine | Milesi | 1:30.712 | +0.342 |
| 14 | 36 | Alpine | Gounon | 1:31.734 | +1.364 |
À trois dixièmes de la référence Ferrari, Charles Milesi place la #35 dans une zone très crédible. Ce qui frappe surtout, au-delà du chrono pur, c’est la propreté de l’ensemble : une voiture stable, prévisible, qui ne semble plus souffrir des variations d’équilibre observées en début de programme.
La #36, de son côté, reste engluée au cœur du peloton. Mais là encore, le classement brut est trompeur : l’écart reste limité, et le moindre détail — trafic, préparation pneumatique — suffit à faire basculer plusieurs positions.
Qualifications : un résultat logique… mais légèrement frustrant
Au moment de transformer ce potentiel en résultat, Alpine est restée dans sa zone… sans parvenir à franchir le petit cap supplémentaire.
Résultat qualification
| Voiture | Pilote | Temps | Position | Statut |
|---|---|---|---|---|
| #35 | Milesi | 1:30.420 | 6e | ✅ Hyperpole |
| #36 | Gounon | 1:30.682 | 11e | ❌ éliminée |
La #35 remplit son contrat : passage en Hyperpole, performance propre, sans erreur majeure. Mais dans un contexte où Alpine avait flirté avec le sommet lors des essais, cette 6e place laisse une impression diffuse : celle d’un potentiel pas totalement exploité.
À l’inverse, la #36 incarne la frustration du jour. À un peu plus de deux dixièmes du top 10, elle échoue au pied de l’Hyperpole. Rien de dramatique, mais dans une grille aussi compacte, c’est précisément ce type de détail qui fait la différence entre visibilité et anonymat.
Grille de départ : une opportunité encore bien réelle
| Pos | N° | Équipe | Pilote | Temps |
|---|---|---|---|---|
| 7 | 35 | Alpine | Milesi | 1:30.469 |
| 11 | 36 | Alpine | Gounon | 1:30.682 |
La hiérarchie finale reste néanmoins cohérente avec le niveau affiché depuis le début du week-end. La #35 s’installe dans le groupe des prétendants au top 5, tandis que la #36 conserve toutes ses chances dans une course où la stratégie et la gestion du trafic pèseront lourd.
Un cap franchi… et déjà des attentes plus élevées
C’est peut-être là le principal enseignement de ce samedi : Alpine change de statut.
Une 7e place sur la grille, il y a encore un an, aurait été saluée sans réserve. Aujourd’hui, elle s’accompagne d’un léger sentiment d’inachevé. Non pas parce que la performance est insuffisante — elle ne l’est pas — mais parce que la voiture semble désormais capable de viser plus haut.


Le travail apporté sur l’A424, notamment via les évolutions aérodynamiques récentes, se traduit par une plateforme plus homogène, plus facile à exploiter sur un tour. Mais dans un championnat où Ferrari, Toyota ou Peugeot optimisent chaque paramètre, le moindre dixième laissé en route se paie immédiatement.
Au-delà de la piste, ce week-end d’Imola s’inscrit dans une séquence bien particulière pour Alpine. En février, le constructeur a officialisé que 2026 serait la dernière saison du programme Alpine A424 en FIA World Endurance Championship, mettant fin à une aventure entamée en 2024 avec ce prototype LMDh développé sur base Oreca.
Un choix stratégique fort, qui aurait pu fragiliser l’équipe. C’est tout l’inverse qui semble se produire.
Comme l’explique Ferdinand Habsburg, l’effet interne a été immédiat :
« Je m’attendais à une réaction négative… mais c’était l’inverse. À l’usine, au simulateur, en essais, tout le monde a haussé le niveau. Rien n’a été retenu, on est en attaque totale. »

Même son de cloche chez Victor Martins, nouveau venu en endurance :
« Dans ma carrière, je n’ai jamais vraiment su de quoi l’année suivante serait faite. Ça ne change rien : je suis là pour performer et prendre du plaisir avec l’équipe. »
En interne, le constat est partagé jusqu’au sommet technique. Axel Plasse évoque une équipe transformée :
« On sent une énergie énorme. Cette annonce a renforcé l’engagement et la détermination de tout le monde. »
Quand l’aéro change tout : l’Alpine A424 franchit un cap
Cette montée en puissance ne doit rien au hasard. L’A424 version 2026 repose sur une évolution aérodynamique majeure, pensée pour corriger les limites du concept initial.
Introduite en 2024, la voiture privilégiait une philosophie low drag, rapidement pénalisée par l’évolution du Balance of Performance — notamment l’introduction du système à double plage, qui a réduit les écarts de vitesse de pointe, en particulier au Mans.

Résultat : Alpine a dû revoir sa copie.
Selon Ferdinand Habsburg, le gain est immédiatement perceptible :
« On le sent directement dans la nuque : plus d’appui. À Aragón, dans les grandes courbes rapides, on passe beaucoup plus fort qu’avant. »
Même analyse chez Frédéric Makowiecki, qui insiste sur l’équilibre global :
« On manquait clairement d’appui l’an dernier, surtout sous la pluie. Là, on a gagné en downforce et surtout en équilibre. Avant, on devait toujours faire des compromis entre sous-virage et survirage. »
Un point clé, qui se retrouve dans les performances observées à Imola : une voiture plus saine, plus exploitable, même si ce circuit — exigeant mécaniquement et relativement lent — ne permet pas encore d’exprimer pleinement les gains aérodynamiques. Spa devrait offrir un verdict plus net face à Ferrari ou Cadillac.


Une course ouverte
Rien n’est joué pour autant.
La #35 part dans une position idéale pour capitaliser sur son rythme, tandis que la #36 pourra exploiter une plus grande liberté stratégique. À Imola, où dépasser reste délicat, la gestion des relais et le timing des arrêts seront déterminants.
En somme, Alpine a validé l’essentiel : être dans le match.
Reste désormais à transformer cette présence en résultat marquant.
🔗 A lire également sur les Alpinistes





Alpine Endurance Team lance sa saison 2026 à Imola avec de solides promesses en Hypercar
Alpine Endurance Team – Résultats FP1 & FP2 à Imola : une belle entrée en matière
Source : Sportcars 365
Les Alpinistes
Les Alpinistes - Les Alpinistes, l'univers de la marque Alpine créée par Jean Rédélé en 1955. Son histoire, son actualité et son futur... la renaissance d'une légende française.
Alpine Endurance Team : FP3 dans le rythme, qualifications en deçà à Imola 2026
