
Édouard et Denise se marient le 27 novembre 1921. Lui a alors 34 ans, elle 29. Tous deux ont connu une première union : Édouard avec Catherine Pozzi, dont il est séparé depuis plus d’un an. Quant à Denise, elle a obtenu l’annulation de son mariage avec le comte de Saint-Légier par le Vatican, en 1919. Désormais, et malgré des périodes conjugales difficiles, Édouard et Denise ne se quitteront plus. En 1921, Édouard Bourdet a déjà fait jouer deux pièces, Le Rubicon et La Cage ouverte, qui ont suscité quelques critiques favorables et, pour la première, un succès public remarqué. Mais la notoriété viendra en 1926 avec sa quatrième pièce, La Prisonnière, et ne se démentira plus jusqu’à sa mort, en 1945. Quant à Denise, elle publiera quelques mois après le décès de son mari un livre de souvenirs, Édouard Bourdet et ses amis. Il sera suivi par quatre livres d’entretiens avec des figures du monde des arts et des lettres. On y croise de nombreux amis du couple avec lesquels Denise maintiendra le contact jusqu’à son décès en 1968. Édouard et Denise s’unissent en apportant le bagage de leurs relations. Celui d’Édouard est léger. Il est issu d’un milieu familial d’industriels et de gens de Bourse qui ne brille pas d’un éclat mondain particulier. Leur seule relation artistique est le dramaturge Georges de Porto-Riche, grâce à qui Édouard pourra faire jouer en 1910 Le Rubicon. Quant à son mariage avec Catherine Pozzi, il ne lui a pas apporté l’ouverture sur le grand monde. Le père de Catherine, le professeur Samuel Pozzi, a accumulé au cours de sa brillante carrière les relations mondaines, quoiqu’un peu mêlées (ce n’est pas un hasard si Proust l’a choisi pour être un des modèles du Cottard du salon Verdurin) mais il ne les partage guère avec sa famille. Son épouse n’est en rien associée à la vie mondaine de Samuel. Quant à leur fille Catherine, son caractère sauvage et rêveur l’éloigne de toute relation mondaine. Les débuts d’Édouard à la scène lui ont certes permis d’approcher le milieu théâtral, mais sans qu’émergent des personnalités. Du monde littéraire il ne connaît guère que Colette, dont il restera un ami fidèle ; ainsi, durant la guerre, il permettra à son mari Maurice Goudeket, juif, d’éviter les rafles de la police vichyste. C’est la rencontre avec celle qui deviendra sa seconde épouse qui lui ouvrira les portes des milieux littéraires et mondains parisiens. Le père de Denise, Maurice Rémon, professeur de lettres au lycée Condorcet, est de longue date ami ave
Espace publicitaire · 300×250








