FAIT DU JOUR Un carré de soie entièrement cévenole pour les fêtes de Noël
<p><figure class="image"> <img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/69146399b398c526d4081b53/article/image.jpg" alt=""> <figcaption> Alexandre Louri&eacute; planche sur la relance &eacute;conomique de la soie c&eacute;venole depuis plus d&#39;un an • <strong>DR</strong> </figcaption> </figure></p> <p>Autour de Monoblet, depuis une cinquantaine d&#39;ann&eacute;es, on le vit comme une r&eacute;alit&eacute; patrimoniale omnipr&eacute;sente d&#39;une activit&eacute; disparue. &Agrave; son origine, Michel Costa, petit-fils et fils de fileuses, qui a toujours &oelig;uvr&eacute; au maintien de la connaissance technique, y compris aupr&egrave;s des enfants lorsqu&#39;il &eacute;tait encore instituteur du village. Beaucoup n&#39;y voyait que la valeur patrimoniale, tandis que Michel Costa a toujours recherch&eacute; la fa&ccedil;on de remettre la soie locale sur le m&eacute;tier.</p> <p>L&#39;an dernier, <em>Objectif Gard</em> donnait de ses nouvelles apr&egrave;s sa rencontre avec le vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;gion Occitanie en charge du d&eacute;veloppement &eacute;conomique, Jalil Benabdillah (<a href="https://www.objectifgard.com/actualites/fait-du-jour-a-monoblet-la-relance-de-la-soie-cevenole-voit-fleurir-des-debouches-138244.php">relire ici</a>). Et Michel Costa voyait enfin une opportunit&eacute; s&#39;ouvrir dans la possibilit&eacute; de trouver un d&eacute;bouch&eacute; commercial &agrave; la soie produite en C&eacute;vennes, dont la derni&egrave;re filature ferma en 1965, &agrave; Saint-Jean-du-Gard (l&#39;actuel mus&eacute;e Maison Rouge). Pendant ce temps, l&#39;H&eacute;raultais Alexandre Louri&eacute; &eacute;laborait la concr&eacute;tisation du projet.</p> <h2>&quot;J&#39;ai grandi au pied du pic Saint-Loup sans savoir pourquoi il y avait des m&ucirc;riers partout&quot;</h2> <p><em>&quot;J&#39;ai grandi au pied du pic Saint-Loup sans savoir pourquoi il y avait des m&ucirc;riers partout&quot;</em>, explique l&#39;entrepreneur, qui revendique <em>&quot;cr&eacute;er, depuis 15 ans, des entreprises sociales et solidaires&quot;</em>. Un <em>&quot;app&eacute;tit d&#39;entrepreneur solidaire&quot;</em> qui l&#39;a conduit jusqu&#39;&agrave; Madagascar, autre passion partag&eacute;e avec Michel Costa. En tentant de comprendre les raisons d&#39;une telle pr&eacute;sence du m&ucirc;rier dans sa r&eacute;gion d&#39;origine, Alexandre Louri&eacute; d&eacute;couvre <em>&quot;un morceau de patrimoine. En tirant le fil, je suis tomb&eacute; sur Michel.&quot;</em></p> <p><figure class="image"> <img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6916d8c41d30fd915208ff42/article/image.jpg" alt=""> <figcaption> Michel Costa dans l&#39;atelier de C&eacute;vennes en Soie, &agrave; Monoblet&nbsp; • <strong>François Desmeures</strong> </figcaption> </figure></p> <p><em>&quot;Il y a un an ou un an et demi, je suis all&eacute; le voir, &agrave; Monoblet. Avec du fil de soie dans les mains.&quot;</em> Et l&#39;ambition de gommer <em>&quot;l&#39;&eacute;cart entre la rationalit&eacute; &eacute;conomique de l&#39;&eacute;poque des d&eacute;localisations et la possibilit&eacute; de produire. Il ne manquait qu&#39;un d&eacute;bouch&eacute;.&quot;</em></p> <p><em>&quot;J&#39;ai dit : on va produire m&ecirc;me si c&#39;est cinq fois plus cher que les Chinois et prouver qu&#39;on peut faire du local. Et j&#39;ai cr&eacute;&eacute; Saint Loup&quot;</em>, qui, si le nom s&#39;&eacute;loigne des C&eacute;vennes, &eacute;tablit un lien entre le site de production du fil et les besoins nourriciers que lui apporte son &quot;arri&egrave;re-pays&quot;. <em>&quot;On s&#39;est mis en branle et j&#39;ai s&eacute;curis&eacute; toute la cha&icirc;ne logistique.&quot;</em></p> <h2>&quot;Je pars du principe que le march&eacute; est &eacute;norme et vierge&quot;</h2> <p>Mais comment ce qui paraissait impossible en mati&egrave;re de rationalit&eacute; &eacute;conomique deviendrait-il faisable ? <em>&quot;Je pars du principe que le march&eacute; est &eacute;norme et vierge&quot;</em>, contraste Alexandre Louri&eacute;. Il n&#39;emp&ecirc;che, le fil chinois revient &agrave; une centaine d&#39;euros le kilo. Quand le prix du fil produit en France s&#39;&eacute;tablit autour de 500 &euro; le kilo. <em>&quot;Mais, sur un carr&eacute; de luxe, seulement 2 % du prix part dans le fil,</em> relativise fortement Alexandre Louri&eacute;. <em>Je ne suis pas un doux r&ecirc;veur. Il y a vingt ans, la main d&#39;&oelig;uvre co&ucirc;tait vingt fois moins cher en Chine. Aujourd&#39;hui, on est plut&ocirc;t autour de 4 &agrave; 5 fois. Enfin, le fil repr&eacute;sentait bien plus de 2 % du prix il y a vingt ans. Mais les prix du luxe ont explos&eacute;.&quot; </em></p> <p>Alexandre Louri&eacute; sait aussi que la RSE (responsabilit&eacute; soci&eacute;tale des entreprises) change &eacute;galement la donne, et qu&#39;elle s&#39;accompagne d&#39;un choix du consommateur <em>&quot;qui en a marre d&#39;&ecirc;tre pris pour un con. Et dans ce devoir de r&eacute;gulation, les marques de luxe sont en avance sur la l&eacute;gislation, pour plaire au consommateur. Dans vingt ans, ils voudront tous avoir du made in France.&quot;</em> Or - &ccedil;a tombe bien - la France concentre toujours un nombre cons&eacute;quent de marques de luxe et Alexandre Louri&eacute; en conna&icirc;t les arcanes.</p> <p><em>&quot;Et je ne vendrai jamais le plus de fil possible&quot;</em>, d&eacute;taille Alexandre Louri&eacute; pour expliquer son mod&egrave;le &eacute;conomique, alors que la France produisait, au plus fort de son activit&eacute; s&eacute;ricicole, 26 000 tonnes de fil de soie, en... 1850. <em>&quot;Militant du fil fran&ccedil;ais&quot;</em>, l&#39;entrepreneur promet un carr&eacute; <em>&quot;100 % c&eacute;venol&quot;</em>. Et &ccedil;a marche : deux publications, sur LinkedIn, ont donn&eacute; lieu &agrave; plus de 7 000 r&eacute;actions. Le fondateur de Saint Loup y annonce la vente, avant No&euml;l, des 300 premiers carr&eacute;s de soie num&eacute;rot&eacute;s. Et, alors que ni le design ni le prix ne sont encore connus (sans doute, dans une fourchette large, entre 250 et 500 &euro;), l&#39;engouement est d&eacute;j&agrave; au rendez-vous.</p> <h2>&quot;Mes fournisseurs et partenaires sont dans le Gard&quot;</h2> <p>C&ocirc;t&eacute; design, donc, Alexandre Louri&eacute; promet, dans sa premi&egrave;re vid&eacute;o de pr&eacute;sentation, <em>&quot;une &oelig;uvre d&#39;un artiste qui parle du Sud brut, cette garrigue rocailleuse du pic Saint-Loup jusqu&#39;aux C&eacute;vennes, d&#39;o&ugrave; jaillit du thym &agrave; fleurs modestes, &agrave; l&#39;ombre des m&ucirc;riers&quot;</em>. La pr&eacute;sentation officielle doit avoir lieu le 22 novembre, lors d&#39;une conf&eacute;rence au salon Silk in Lyon, dans la capitale des soyeux. Puis, sur le territoire c&eacute;venol, dans un lieu marqu&eacute; par l&#39;histoire de la soie.</p> <p>Produit en C&eacute;vennes, le fil des carr&eacute;s en cours de production est parti au moulinage, en Ard&egrave;che, avant d&#39;&ecirc;tre tiss&eacute; et imprim&eacute; dans la Loire. Produit comme au si&egrave;cle dernier. Un processus industriel qu&#39;Alexandre Louri&eacute; souhaite moderniser pour <em>&quot;pouvoir vendre du fil d&egrave;s l&#39;an prochain&quot;</em>. Ce qui passe, aussi, par la plantation d&#39;hectares de m&ucirc;riers dans la r&eacute;gion. Si la soci&eacute;t&eacute; est bas&eacute;e &agrave; Paris, dans l&#39;environnement de l&#39;industrie du luxe, l&#39;activit&eacute; est bien appel&eacute;e &agrave; se d&eacute;ployer &agrave; Monoblet et autour, <em>&quot;dans le but de cr&eacute;er de l&#39;emploi local et de faire de fa&ccedil;on plus productive&quot;</em>. Car le fondateur de Saint Loup, face &agrave; ce premier engouement d&#39;avant-lancement, craint <em>&quot;une asym&eacute;trie entre le carnet de commandes et ce que je suis, pour l&#39;instant, en mesure de faire&quot;.</em></p> <p><em>&quot;Mes fournisseurs et partenaires sont, de toute fa&ccedil;on, dans le Gard&quot;</em>, rassure encore Alexandre Louri&eacute; quant &agrave; l&#39;implantation de la production, lui qui se dit, dans cette aventure, <em>&quot;entour&eacute; de bonnes f&eacute;es qui n&#39;ont pas d&#39;int&eacute;r&ecirc;t &eacute;conomique&quot;</em>. Il lancera donc <em>&quot;dans les semaines qui pr&eacute;c&egrave;dent No&euml;l, une campagne de vente enti&egrave;rement en ligne, pour obtenir le plus beau cadeau sous le sapin&quot;</em>. &Eacute;tant donn&eacute; les premiers retours, il n&#39;y en aura sans doute pas pour tout le monde...</p> <p><em>Le site de Saint Loup <a href="https://www.saintloup.store">est &agrave; retrouver ici</a></em></p> <p>&nbsp;</p> Alexandre Louri&eacute; planche sur la relance &eacute;conomique de la soie c&eacute;venole depuis plus d&#39;un an
Espace publicitaire · 300×250