Alpine ELF Cup Series 2026 : la révolution est en marche

L’Alpine ELF Cup Series n’aborde pas 2026 comme une simple nouvelle saison. Quelque chose change plus profondément.

En rejoignant la grille du Championnat de France FFSA GT, la coupe monotype d’Alpine modifie son format, son rythme, et peut-être surtout sa place dans le paysage GT français.


Une nouvelle ère pour l’Alpine ELF Cup Series

Depuis 2018, l’Alpine ELF Cup Series s’est installée comme un terrain d’expression à part dans le sport automobile français. Une formule sérieuse, bien tenue, capable de faire émerger des profils intéressants sur l’Alpine A110 Cup sans jamais perdre de vue ce qui fait l’esprit de la marque : la légèreté, la précision, et une certaine idée du pilotage.

En 2026, la discipline franchit un cap. Son intégration au Championnat de France FFSA GT ne relève pas d’un simple ajustement d’image. C’est un changement de stature. Alpine ne propose plus seulement une coupe de promotion bien pensée : elle lui donne un prolongement, une place plus nette dans une trajectoire sportive devenue beaucoup plus lisible.

Dans le sillage de l’Alpine A110 de route et des ambitions affichées en endurance avec l’Alpine A424 (malgré sa dernière année), la marque continue de structurer son univers compétition. L’idée n’est plus simplement de faire courir des pilotes dans une coupe monotype, mais de leur offrir un cadre où progresser, apprendre, puis monter plus haut sans rupture brutale.

Le coup d’envoi sera donné aux Coupes de Pâques de Nogaro, sur le Circuit Paul Armagnac, avec quatorze pilotes répartis sur sept voitures. Un plateau compact, mais suffisamment relevé pour donner, dès l’ouverture, une première idée de ce que cette nouvelle formule peut produire.


Un format semi-endurance plus stratégique et l’arrivée de Pirelli

La transformation la plus visible concerne naturellement le format. En 2026, les pilotes évolueront en binôme avec deux courses d’une heure par meeting. Cela change immédiatement la physionomie des week-ends. Là où la série reposait jusqu’ici sur des formats plus courts, souvent plus nerveux, il faudra désormais penser la course dans le temps long, construire un relais, ménager des phases, travailler à deux et accepter qu’une performance se joue aussi dans ce qui ne se voit pas au premier regard.

Cette évolution n’est pas qu’une question de durée. Elle modifie la nature même de l’exercice. Il faudra lire la course avec davantage de finesse, sentir quand attaquer, quand préserver, comprendre comment la voiture bouge sur un relais, et composer avec son équipier sans jamais casser l’élan d’ensemble. En ce sens, la Cup se rapproche clairement de ce que les pilotes retrouveront ensuite en GT4, avec une dimension d’apprentissage bien plus concrète qu’auparavant.

Dans le même temps, l’arrivée de Pirelli apporte une autre forme de nouveauté, plus discrète en apparence, mais loin d’être anodine. Changer de manufacturier, c’est changer de sensations, de repères, parfois même de confiance. La mise en température, la dégradation, la façon dont le pneu accompagne ou contrarie le comportement de la voiture : tout cela demande du temps, du travail, et souvent une part d’instinct. Dans une discipline où les écarts se resserrent vite, cette phase d’adaptation peut suffire à faire basculer un week-end.

Ce nouveau cadre rend le plateau 2026 particulièrement intéressant à lire. On y retrouve ce mélange très propre à la série, entre pilotes confirmés, gentlemen expérimentés et profils en construction. Race Cars Consulting, titrée avec Léo Jousset, s’appuiera sur un duo complémentaire avec Paul Roques et Anthony Fournier, tandis que Chazel Technologie Course avance plusieurs équipages capables de se mêler à la lutte, notamment avec Romain Monti et Rodolphe Wallgren. Herrero Racing et Schumacher GP viennent compléter un ensemble dense, homogène, où la hiérarchie paraît bien moins figée qu’elle ne pouvait l’être les années précédentes.

C’est peut-être là que réside le principal attrait de cette saison : dans cette impression très nette que les anciens repères ne suffiront plus, et que tout pourrait se redessiner plus vite que prévu.


L’ADN de la Cup : un héritage relancé en 2018

Pour mesurer ce que 2026 change réellement, il faut revenir à 2018. C’est là que cette histoire moderne reprend forme.

Dans le sillage du retour d’Alpine avec l’Alpine A110, la marque relance sa coupe monotype avec l’Alpine Europa Cup. Le geste n’a rien d’anodin. Il y a dans cette renaissance quelque chose d’assez fidèle à l’esprit Alpine : repartir d’une base simple, saine, lisible, avec une voiture conçue pour mettre le pilotage au centre.

Développée par Signatech, l’Alpine A110 Cup repose justement sur cette idée. Une auto légère, vive, assez proche de la version route pour conserver une forme d’authenticité, mais suffisamment affûtée pour exiger de vrais repères de pilote. Elle ne triche pas beaucoup, et c’est aussi ce qui a fait son intérêt dès le départ.

La série s’intègre rapidement dans des meetings majeurs comme le GT World Challenge Europe ou le FFSA GT, avec une recette stable :

  • 2 qualifications
  • 2 courses sprint
  • trois classements (Overall, Junior, Gentlemen)

Un format efficace, qui a permis de révéler plusieurs profils solides :

  • Jean-Baptiste Mela
  • Lucas Frayssinet
  • Lorens Lecertua
  • Pierre Sancinéna

Pendant plusieurs saisons, cette stabilité a fait sa force. Elle a donné à la Cup une identité claire. Jusqu’au moment où il est devenu possible — peut-être nécessaire — de lui demander davantage.


Pourquoi l’intégration au FFSA GT est un tournant

L’intégration au Championnat de France FFSA GT ne se résume pas à un supplément de visibilité. Elle change la manière dont on regarde la Cup, et sans doute aussi la manière dont les pilotes peuvent se projeter à travers elle.

Jusqu’ici, la série jouait très bien son rôle de révélateur, mais sans toujours offrir une suite évidente. En rejoignant le FFSA GT, elle s’inscrit désormais dans une progression plus nette : de la Clio Cup à l’Alpine A110 Cup, puis vers l’Alpine A110 GT4+, avant d’imaginer, pour les meilleurs ou les mieux accompagnés, des horizons plus ambitieux encore.

Ce qui change vraiment, c’est la cohérence de l’ensemble. Chaque marche commence à préparer la suivante. Techniquement, sportivement, financièrement aussi, le parcours devient plus lisible. Et dans un milieu où tant de trajectoires se construisent dans l’improvisation ou au gré des opportunités, cette continuité a une valeur rare.

Alpine ne se contente plus d’organiser une coupe. La marque dessine peu à peu une filière crédible, avec ses passerelles, ses repères, et une promesse qui, pour une fois, ne semble pas seulement théorique.


Quel impact pour les pilotes et les équipes ?

Sur la piste, cette évolution se ressent immédiatement. La performance ne se joue plus seulement sur la vitesse pure, mais sur la capacité à comprendre une course dans son ensemble, à sentir son déroulé, à gérer un relais, à préserver ce qu’il faut préserver, et à travailler juste avec un équipier. Ce sont des exigences plus fines, plus complètes, et beaucoup plus proches de la réalité du GT moderne.

Dans ce contexte, la visibilité apportée par le Championnat de France FFSA GT agit comme un accélérateur. Courir dans cet environnement, c’est se retrouver dans un cadre plus exposé, plus structuré, plus formateur aussi. Chaque résultat y prend une autre densité, parce qu’il s’inscrit dans une trajectoire et non plus seulement dans la lecture immédiate d’un championnat monotype.

Les dotations prennent alors un relief particulier. Les 40 000 € promis en Pro-Am ou les 30 000 € destinés au meilleur Junior ne sont pas de simples primes de fin de saison : ce sont de vrais leviers pour aller plus loin. L’exemple de Léo Jousset le montre parfaitement. Sacré en Cup, il accède au FFSA GT au volant de l’Alpine A110 GT4+ avec, en ligne de mire, la SRO GT Academy. Là, on touche à quelque chose de concret : une victoire qui ouvre réellement une porte.

👉 Pour comprendre ce que cette nouvelle Cup change vraiment, il faut aussi regarder la filière dans son ensemble, de l’A110 Cup à l’A110 GT4+.


Nogaro, premier révélateur de 2026

Nogaro jouera forcément un rôle particulier. Parce que c’est l’ouverture, bien sûr, mais aussi parce qu’un premier rendez-vous dans un contexte aussi renouvelé en dit souvent plus qu’il n’y paraît.

Avec un nouveau format, de nouveaux pneus et des repères encore en construction, certains trouveront immédiatement le bon ton, d’autres auront besoin de temps pour comprendre ce que cette saison exige vraiment. C’est souvent dans ce genre de week-end que l’on voit apparaître des confirmations, mais aussi des surprises.

La saison se poursuivra ensuite sur des circuits exigeants, de Dijon à Spa-Francorchamps, puis Magny-Cours et le Paul Ricard. Des tracés différents, complémentaires, qui devraient peu à peu révéler la vraie hiérarchie de cette année 2026.

Autrement dit, Nogaro donnera une première tendance. Le reste du calendrier dira si elle tient vraiment.


Ce qu’il faut retenir

L’Alpine ELF Cup Series 2026 marque une vraie évolution. Pas une rupture de façade, mais un changement de fond.

Plus exigeante dans son format, plus cohérente dans son positionnement, mieux reliée à la suite, elle dépasse le simple cadre d’une coupe monotype pour devenir un passage beaucoup plus crédible vers le GT.

Sur le papier, c’est probablement sa version la plus mature depuis 2018.

Reste maintenant à voir comment tout cela prendra vie en piste.


Horaires et calendrier 2026 : ce qu’il faut savoir

Le coup d’envoi de cette nouvelle ère sera donné à Nogaro, dans le cadre des traditionnelles Coupes de Pâques. Un premier week-end déjà très attendu, parce qu’il servira tout de suite de point de repère dans une saison qui ne ressemble pas tout à fait aux précédentes.

Horaires – Nogaro (3-6 avril 2026)

JourSessionHoraire
Samedi 4 avrilEssais libres 110h15 – 11h15
Samedi 4 avrilEssais libres 216h05 – 17h05
Dimanche 5 avrilEssais qualificatifs9h35 – 10h25
Dimanche 5 avrilCourse 113h55 – 14h55
Lundi 6 avrilCourse 215h00 – 16h00

Calendrier Alpine ELF Cup Series 2026

DateCircuit
3–6 avrilCircuit Paul Armagnac
15–17 maiCircuit Dijon-Prenois
19–21 juinCircuit de Spa-Francorchamps
31 juillet–2 aoûtCircuit Nevers Magny-Cours
9–11 octobreCircuit Paul Ricard

Un calendrier resserré, mais loin d’être facile, qui mêle des tracés techniques et quelques références européennes très parlantes pour juger la régularité des équipages.


Liste des engagés 2026

Sept équipages lanceront cette nouvelle saison, avec un plateau qui mêle expérience, jeunesse et profils déjà bien connus des habitués de la discipline :

  • #03 Paul Alberto – Gosia Rdest (Chazel Technologie Course)
  • #09 Anthony Pisano – Julien Paget (Chazel Technologie Course)
  • #25 Matéo Herrero – David Barrere (Herrero Racing)
  • #31 Lenny Kieffer – Jérôme Thiery (Schumacher GP)
  • #33 Paul Roques – Anthony Fournier (Race Cars Consulting)
  • #111 Romain Monti – Rodolphe Wallgren (Chazel Technologie Course)
  • #123 Alexandre Lopez – Frédéric de Brabant (Chazel Technologie Course)

Le plateau n’est pas pléthorique, mais il a ce qu’il faut pour produire une saison serrée, surtout dans une année où tant de paramètres changent en même temps.


FAQ

Quel est le nouveau format en 2026 ?

La saison adopte un format en binôme avec deux courses d’une heure par meeting. Une évolution qui introduit davantage de stratégie, notamment dans la gestion des relais et la complémentarité entre pilotes.


Pourquoi Pirelli change la donne ?

Parce que le comportement des pneumatiques influence directement le pilotage et la gestion de course. Avec Pirelli, les repères évoluent : mise en température, dégradation, constance sur un relais… autant de paramètres qui peuvent faire la différence dans une grille très homogène.


Où débute la saison ?

Aux Coupes de Pâques de Nogaro, sur le Circuit Paul Armagnac, du 3 au 6 avril 2026. Un rendez-vous traditionnel, souvent révélateur dans un contexte aussi renouvelé.


Quel est l’objectif de Léo Jousset ?

Après son titre en Alpine ELF Cup Series, il entame sa transition en Championnat de France FFSA GT au volant d’une Alpine A110 GT4+, avec l’ambition de s’inscrire durablement dans la filière et de viser la SRO GT Academy.

Pourquoi cette saison est-elle importante ?

Parce qu’elle transforme la Cup en véritable étape de progression. En s’intégrant au FFSA GT et en adoptant un format plus exigeant, elle devient un passage cohérent entre la formation et les catégories GT.


Source : Alpine Cars

Les Alpinistes
Les Alpinistes - Les Alpinistes, l'univers de la marque Alpine créée par Jean Rédélé en 1955. Son histoire, son actualité et son futur... la renaissance d'une légende française.
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