Le destin de René Goscinny est aussi impressionnant que troublant. Créateur d’Astérix, celui qui nous a quittés à seulement 51 ans en 1977 des suites d’une crise cardiaque a vu sa famille être marquée par ce chiffre, au point qu’il a conditionné sa fille unique, Anne Goscinny, à s’imaginer sa propre mort à cet âge maudit, comme elle a pu le confier à "Libération".
Créateur d’Astérix, scénariste de bandes dessinées, René Goscinny a fait les beaux jours des aventures du célèbre Gaulois et de son acolyte Obélix, mais pas seulement. Auteur du Petit Nicolas, il a également prêté sa plume à Lucky Luke. Véritable légende du milieu de la BD, il est décédé en 1977 à seulement 51 ans d’une crise cardiaque à Paris lors d’un examen de contrôle chez le cardiologue. Si son œuvre lui a survécu et s’est poursuivie après son décès, sa fille Anne, née en 1968 et âgée de seulement 9 ans lorsqu’il est parti, a dû apprendre à vivre sans lui. Devenue écrivaine à son tour, elle a pourtant failli connaître un destin tragique au même âge que celui auquel son père a tiré sa révérence.
Anne Goscinny a contracté une grave septicémie à 51 ans : "J’étais programmée pour"
Le chiffre 51 semble être maudit chez les Goscinny, comme l’a souligné Anne dans les pages de Libération. Dans son portrait publié ce 15 novembre 2025, elle revient sur la disparition de son père, qui a bouleversé le reste de sa vie. Inconsolable après ce décès brutal, Anne avait pris du poids et voyait sa mère, Gilberte, lutter contre un cancer qui devait finalement l’emporter le 3 février 1994, seize ans après la mort de René Goscinny.
Comme un funeste coup du destin, c’est à 51 ans, au même âge que son défunt mari, que Gilberte s’est éteinte. Et l’histoire ne s’arrête pas là : la fille unique de René Goscinny a aujourd’hui 57 ans, mais elle a connu un grave problème de santé six ans plus tôt."Le soir de mes 51 ans, j’ai invité quelques amis à la maison. On a mangé des spaghettis et un gâteau au chocolat, puis je leur ai annoncé que c’était ma dernière année sur terre. J’étais programmée pour", a-t-elle confié à nos confrères. Elle ignorait alors que, trois semaines après ces paroles qui avaient choqué ses convives, elle contracterait une septicémie sévère qui aurait pu lui être fatale. Fort heureusement, le destin en a décidé autrement cette fois-ci. Après avoir passé six mois avec une sonde, elle s’en est sortie, se considérant comme une miraculée."Les années d’après, c’est que du bonus", a-t-elle ajouté.
Les enfants d'Anne Goscinny prendront le relais quand elle ne sera plus là
Garant moral de l’œuvre de son père, l’épouse de l’éditeur et auteur Aymar du Chatenet depuis 1999 pense aujourd’hui à l’avenir. Mère de Salomé (21 ans) et Simon (24 ans), elle commence déjà à leur transmettre le relais. "Forcément, j’essaie de les préparer pour la suite, je les intègre de plus en plus dans le processus de gestion de l’œuvre. De toute façon, ils n’auront pas le choix", a-t-elle expliqué.
Malgré tout, Anne Goscinny reste profondément marquée par les drames qui ont jalonné sa vie. Celle qui a perdu son meilleur ami du sida deux mois et un jour après le décès de sa mère a publié Mille façons d’aimer aux éditions Grasset en 2024, un récit rendant hommage aux disparus qui ont compté pour elle. Si René Goscinny a su toucher les Français grâce à ses œuvres, qui connaissent encore un immense succès des décennies après sa mort, sa fille Anne a été marquée au fer rouge par sa disparition et par les derniers mots qu’il lui a adressés : "À tout à l’heure mon petit chat". "Encore aujourd’hui, je dessine comme une enfant qui attend le retour de son père", a confié celle qui vient de publier son autobiographie, intitulée La Petite Fille qui ne savait pas dessiner aux éditions Gallimard Jeunesse.