Alpine x Ravage : la reconnaissance officielle d’un artisan d’exception – Tarmac Master 2026

En 2026, Alpine officialise une annonce qui marque un tournant discret mais profond dans son histoire récente : une série limitée à seulement dix exemplaires, développée en collaboration avec l’artisan automobile français Ravage.

Jusqu’ici presque impensable, la marque dieppoise ouvre ainsi son écosystème à un préparateur indépendant. Et pas n’importe lequel. Ravage s’est imposé ces dernières années comme l’un des interprètes les plus crédibles — et les plus respectueux — de l’Alpine A110. Une vision qui, loin de dénaturer le modèle originel, tend au contraire à en révéler tout le potentiel, avec une lecture à la fois plus radicale et remarquablement cohérente.

Avec cette initiative, Ravage franchit un cap décisif : le préparateur devient officiellement reconnu par Alpine, une reconnaissance rarement accordée dans un univers où l’intégrité technique et stylistique de la berlinette est jalousement préservée.

Ce qui pourrait passer pour un simple partenariat cache en réalité une évolution majeure. Car chez Alpine, peu d’acteurs externes ont, jusqu’à présent, obtenu un tel niveau de légitimité.

En confiant à Ravage une base issue de ses modèles les plus exclusifs, pour une production strictement limitée à dix unités, Alpine offre au préparateur un terrain d’expression inédit. Une liberté créative encadrée, mais pleinement assumée, qui vient consacrer plusieurs années de développement, d’expérimentations et de fidélité à l’ADN de la marque.


Ravage, ou la radicalité maîtrisée

Alpine A110 Ravage Collaboration officielle 2026
Alpine X Ravage : La Reconnaissance Officielle D’un Artisan D’exception - Tarmac Master 2026 110

Ravage revendique une approche singulière, presque militante : celle d’un « pilote autonome », capable de concevoir, développer et affiner ses créations sans jamais perdre de vue l’essentiel — la cohérence dynamique.

Son savoir-faire repose sur une équation en apparence simple, mais redoutablement exigeante dans son exécution : partir d’une Alpine A110, en magnifier les proportions, puis en exacerber le potentiel. L’élargissement est spectaculaire, obtenu à grand renfort de pièces en fibre de carbone, sculptant une silhouette plus tendue, plus posée, presque plus radicale encore que celle d’une A110 R. L’assise visuelle est transformée, densifiée, comme ancrée au sol.

Dans le détail, la préparation reste volontairement discrète. Mais sur la route comme sur piste, le constat s’impose immédiatement : les performances progressent nettement, avec un gain sensible en puissance et en efficacité, sans jamais basculer dans la brutalité.

Pour comprendre la portée de cette démarche, il faut revenir à l’origine du projet Ravage. Dès ses premières créations, l’atelier s’est fixé une ligne de conduite claire : ne jamais trahir l’équilibre originel de l’Alpine A110, tout en en repoussant méthodiquement les limites.

La Ravage Groupe 4, révélée au Castellet, en constitue aujourd’hui l’expression la plus aboutie.

Inspirée des mythiques Alpine engagées en rallye dans les années 70 et 80, elle dépasse largement le simple exercice de style. Chaque modification s’inscrit dans une logique physique rigoureuse, articulée autour d’un triptyque fondamental : centre de gravité, largeur de voie et pneumatiques.

Le résultat est sans équivoque : une auto élargie à 1,92 m, reposant sur des voies profondément retravaillées et des pneumatiques de 265 mm à l’arrière, capables d’encaisser jusqu’à 400 Nm tout en préservant la finesse de lecture du châssis.

Mais là où Ravage impose sa signature, c’est dans sa discipline technique. Aucune modification de la coque d’origine n’est tolérée. Une contrainte forte, assumée, qui résume à elle seule la philosophie de l’atelier :
tout doit s’adapter à l’Alpine, jamais l’inverse.


Une ingénierie digne des constructeurs

Alpine A110 Ravage Collaboration officielle 2026
Alpine X Ravage : La Reconnaissance Officielle D’un Artisan D’exception - Tarmac Master 2026 111

Derrière Ravage, il ne faut pas chercher un simple préparateur, mais bien une somme d’obsessions. Celles de ses fondateurs, issus de l’ingénierie et du design automobile au sein de constructeurs de haute performance, où chaque ligne, chaque contrainte, chaque tolérance devient un sujet en soi.

À première vue, le choix de l’Alpine A110 pourrait surprendre. Un coupé léger, animé par un « modeste » quatre cylindres. Un terrain de jeu presque trop sage pour des profils habitués à des machines autrement plus démonstratives. Et pourtant, le choix fait sens.

Lorsque l’on sait que l’un des esprits derrière la McLaren F1 lui-même avait été impressionné par l’ingénierie de l’A110 moderne, la lecture change immédiatement. Sous ses apparences de simplicité, la berlinette cache une sophistication rare — une base idéale pour qui cherche à travailler la dynamique plutôt que la simple puissance.

C’est précisément là que Ravage intervient.

L’obsession du détail devient alors le fil conducteur du projet. Rien n’est laissé au hasard, et surtout pas les partenaires. OZ Racing, Sabelt, Michelin… autant d’acteurs majeurs qui gravitent aujourd’hui autour de Ravage. Une question s’impose presque naturellement : comment une structure aussi confidentielle a-t-elle su fédérer un tel niveau d’expertise ?

La réponse tient dans la crédibilité technique et la cohérence du projet. Exactement ce qui a, avec le temps, fini par convaincre Alpine elle-même de franchir le pas. Car oui, cette reconnaissance officielle n’est pas le fruit d’un hasard, mais d’un processus long, exigeant, où Ravage a dû démontrer — encore et encore — la justesse de sa démarche.

Ici, Ravage ne transforme pas, il interprète. Il sublime l’Alpine A110, sans jamais la dénaturer. Et pourtant, au premier regard, le résultat peut diviser.

Je dois l’admettre : la première fois que j’ai découvert la Groupe 4, elle ne m’a pas immédiatement séduit. Impressionnante, incontestablement. Presque intimidante dans ses proportions, dans cette manière d’élargir la berlinette jusqu’à en redéfinir la présence. Mais belle ? Pas instantanément.

C’est en conditions réelles, lors de notre tournage au Castellet, que la perception bascule.

À mesure que l’on tourne autour de l’auto, que la lumière glisse sur les volumes, que les détails apparaissent — les galbes, les tensions de surface, la justesse des proportions — tout s’aligne. Ce qui semblait excessif devient cohérent. Ce qui paraissait radical devient évident.

Ravage ne cherche pas à plaire immédiatement. Il impose une lecture, presque une compréhension. Et une fois celle-ci acquise, difficile de revenir en arrière.

Derrière cette esthétique forte, le processus de développement impressionne par sa rigueur.

Modélisation sous Blender, ingénierie sous Catia, travail des surfaces sous Alias, puis maquette en clay à l’échelle 1 — une méthodologie que l’on retrouve habituellement chez les grands constructeurs. Le tout est ensuite validé par des phases de roulage intensif, au point que le prototype initial cumule aujourd’hui trois années d’utilisation réelle, preuve tangible de la robustesse du concept.

Les partenaires techniques jouent un rôle clé dans cette quête d’excellence. Michelin intervient dès la définition des pneumatiques, tandis qu’OZ Racing — via son département compétition engagé en WEC — développe des jantes spécifiques, pensées non pas uniquement pour le poids, mais pour leur comportement sous contrainte.

Comme le résume Andrea Bernoni, CEO d’OZ Racing :

« If we do an OZ, we do a proper OZ wheel. »

Une phrase simple, presque lapidaire, mais qui traduit parfaitement le niveau d’exigence partagé par l’ensemble des acteurs du projet.


Le sur-mesure comme signature

Chaque Ravage est, par nature, une pièce unique.

Couleurs, livrées, sellerie — souvent inspirée des mythiques Renault 5 Turbo — jusqu’aux moindres détails de l’habitacle : tout peut être repensé. Les sièges, la console centrale, les panneaux de porte sont entièrement redessinés, tandis que des éléments spécifiques, comme les harnais Sabelt ou les optiques Cibié, sont intégrés avec un souci d’authenticité presque obsessionnel.

Cette approche impose un temps long. Chaque évolution nécessite d’être testée, validée, parfois remise en question. Rien n’est figé, tout est affiné. C’est précisément ce processus qui confère à chaque Ravage sa singularité — et sa légitimité.

Dans le cadre de cette nouvelle collaboration, il est toutefois raisonnable d’imaginer une orientation légèrement différente. Alpine devrait logiquement cadrer l’exercice, en rapprochant cette série des standards de ses productions, tout en laissant à Ravage suffisamment de liberté pour exprimer sa signature.

Un équilibre subtil, mais déjà esquissé ces dernières années du côté de Dieppe. L’A110 R Ultime a ouvert une voie : celle d’une radicalité maîtrisée, intégrée au catalogue constructeur, sans renier l’ADN du modèle.

La future série issue de Ravage semble appelée à s’inscrire dans cette continuité — avec sa propre lecture, plus artisanale, plus expressive, mais toujours fidèle à cette même exigence d’équilibre.

Ravage Tarmac Master : l’aboutissement d’une vision

Ravage dévoile celle qui incarne aujourd’hui le point de convergence entre son savoir-faire et la confiance désormais accordée par Alpine : la Tarmac Master.

Un nom chargé de sens, directement inspiré des grandes heures du rallye. Tour de Corse, Monte-Carlo, Sanremo… autant de terrains mythiques où les Alpine ont bâti leur légende. Ici, l’hommage est assumé, mais jamais figé. Il sert de socle à une interprétation contemporaine, plus radicale, plus affûtée.

Cette Tarmac Master repose sur ce que l’on peut considérer comme la base technique la plus aboutie jamais confiée par Alpine à un acteur externe. Et Ravage ne s’en cache pas : l’objectif n’est pas de transformer l’A110, mais d’en extraire la quintessence.

Les chiffres donnent immédiatement le ton : moins de 1 100 kg, 1,91 m de large, 420 Nm de couple. Une fiche technique qui pourrait sembler démonstrative, mais qui, dans les faits, traduit surtout une recherche d’équilibre.

Le moteur, conforme aux normes Euro 6d, développe 320 ch en SP98 (jusqu’à 345 ch en SP102). Mais comme souvent chez Ravage, l’essentiel n’est pas là. Le travail sur la courbe de couple — 420 Nm disponibles dès 3 200 tr/min — transforme profondément l’exploitation de l’auto. Le tout s’appuie sur des éléments issus de la compétition, notamment des composants internes développés avec ORECA pour l’Alpine GT4, un nouveau turbo et une ligne d’échappement titane Akrapovič.

Le refroidissement, point critique sur ce type de configuration, a été entièrement repensé : extraction d’air par le capot, repositionnement des radiateurs, intégration de prises NACA, développement d’un nouvel extracteur. Une approche globale, cohérente, qui témoigne d’un vrai travail d’ingénierie.

Mais comme toujours avec Ravage, c’est le châssis qui constitue le cœur du projet.

Voies élargies (+50 mm à l’avant, +90 mm à l’arrière), centre de gravité abaissé, suspensions Öhlins TTX entièrement réglables avec butées hydrauliques, différentiel à glissement limité, freins AP Racing en 330 mm… L’ensemble vise un objectif clair : augmenter le grip mécanique sans dégrader l’équilibre originel.

À bord, la philosophie est identique. Baquets carbone Sabelt, harnais 6 points, ambiance épurée : tout est pensé pour le conducteur. Et pourtant, fidèle à l’ADN Ravage, le sur-mesure reste omniprésent pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans la personnalisation.

Seulement 10 exemplaires, proposés à partir de 295 000 € TTC. Une production confidentielle, presque intime.

Ce qui me frappe avec cette Tarmac Master, ce n’est pas tant sa fiche technique que sa cohérence. Rien ne semble gratuit. Chaque choix, chaque pièce, chaque ligne paraît répondre à une intention précise.

Elle ne cherche pas à impressionner immédiatement. Elle demande à être comprise.

Et à mesure que l’on en saisit la logique, une évidence s’impose :
Ravage n’a pas simplement créé une version plus extrême de l’A110.
Il en a proposé une lecture. Une vision.


Une reconnaissance qui dépasse le simple projet

Avec la Tarmac Master, Alpine ne se contente pas de valider un travail. Elle institutionnalise une démarche, en donnant corps à une vision commune, incarnée dans un objet aussi radical que cohérent.

Ravage n’est plus seulement un préparateur talentueux évoluant en marge. Il devient un partenaire reconnu, intégré à une stratégie où l’artisanat de haut niveau trouve désormais sa place aux côtés de l’industrie — non pas en opposition, mais en complément.

Dans un contexte où l’automobile tend à se standardiser, la Tarmac Master rappelle une évidence souvent oubliée :
la passion, lorsqu’elle est maîtrisée, peut encore donner naissance à des objets profondément uniques.

Et si cette série limitée marque un nouveau chapitre pour Ravage, elle pourrait bien, à terme, redéfinir la manière dont Alpine envisage ses déclinaisons les plus exclusives — avec, en filigrane, une place grandissante accordée à des interprétations plus libres, plus incarnées.

Cet article a, à titre personnel, une saveur particulière.

Nous connaissons bien les fondateurs de Ravage. Nous savons ce que représente un tel parcours. En France, où l’industrie automobile peut vaciller d’un moment à l’autre, faire émerger une structure indépendante, crédible, respectée — puis reconnue par un constructeur — relève presque de l’exception.

Et pourtant, Ravage est là.

Une bouffée d’air frais. Un soupçon de folie — douce, mais parfaitement maîtrisée — qui me rappelle pourquoi j’ai créé les Alpinistes. Pour raconter ces histoires-là. Celles d’hommes et de femmes animés par une vision, des valeurs communes, et une volonté farouche de faire rayonner le savoir-faire français à un niveau presque artistique.

Et au fond, en observant cette Tarmac Master prendre forme, une chose s’impose :
j’ai sincèrement hâte de voir jusqu’où cette collaboration Alpine x Ravage peut aller.

Pour en savoir plus, rendez-vous directement sur le site officiel de Ravage :

L’essentiel y est : la vision, la technique et l’esprit de la Tarmac Master.

Source : Alpine Cars / Ravage

Les Alpinistes
Les Alpinistes - Les Alpinistes, l'univers de la marque Alpine créée par Jean Rédélé en 1955. Son histoire, son actualité et son futur... la renaissance d'une légende française.
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