Alpine Endurance Team : validation grandeur nature de l’A424 2026 à Aragón

À Aragón, Alpine Endurance Team valide une Hypercar aboutie pour 2026. Une montée en puissance logique, contrariée par une fin de programme difficile à justifier.

Le test de MotorLand Aragón s’inscrit dans un moment charnière pour Alpine Endurance Team. Sur la piste, tous les indicateurs convergent vers un programme arrivé à maturité. En coulisses, la perspective de la fin de l’engagement Hypercar en 2026 introduit une lecture plus complexe, presque contradictoire.

Organisée sur un format de 24 heures, la session espagnole a permis de franchir un cap supplémentaire dans la préparation hivernale. Avec plus de 3 000 kilomètres parcourus sans incident majeur, l’objectif n’était plus d’explorer mais de valider, de structurer et d’affiner un ensemble technique désormais bien compris.


Alpine Endurance Team : une A424 enfin lisible dans son fonctionnement

Depuis son introduction en 2024, l’A424 a suivi une trajectoire cohérente, marquée par une montée en puissance progressive. Les résultats obtenus en 2025 — trois podiums et une victoire aux 6 Heures de Fuji — avaient déjà confirmé que le socle technique était sain.

Les essais d’Aragón renforcent cette impression. L’aérodynamique est désormais exploitée dans une logique de stabilité et de constance sur relais longs, tandis que le travail sur les pneumatiques Michelin nouvelle génération permet d’identifier plus finement les fenêtres d’exploitation. La corrélation entre simulateur et piste atteint un niveau de précision qui autorise des choix techniques plus tranchés, sans les incertitudes qui caractérisent souvent les phases de développement.

Au cœur de cet ensemble, le V6 développé à Viry-Châtillon s’impose comme un élément clé. Fiable, performant et particulièrement agréable à exploiter sur la durée, il apporte une cohérence globale au package. Sa sonorité, plus feutrée que les références atmosphériques du passé mais toujours identifiable, participe aussi à l’identité de la voiture dans une catégorie où les signatures mécaniques tendent à s’uniformiser.

Ce moteur incarne également une réalité plus large. La réorganisation engagée autour de Viry, avec la fin programmée de certaines activités en Formule 1 thermique, entraîne mécaniquement la disparition progressive de ce savoir-faire en endurance. À ce titre, la saison 2026 prend une dimension particulière, presque testamentaire.

L’un des enseignements majeurs du test espagnol réside dans la validation des équipages dans leur configuration définitive :

Le travail mené sur 24 heures avec les deux voitures engagées simultanément a permis de confirmer la cohérence de ces associations. Les relais s’enchaînent avec régularité, les retours techniques convergent et les ajustements peuvent être opérés sans dispersion, ce qui facilite considérablement l’exploitation globale.

L’intégration des nouveaux pilotes s’est faite rapidement, sans perturber l’équilibre du groupe, et l’ensemble fonctionne aujourd’hui dans une logique collective claire, condition indispensable pour performer sur des formats longs où la gestion des détails opérationnels fait souvent la différence.


La continuité Signatech comme fil conducteur

Cette stabilité n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans la continuité du travail mené par Signatech depuis plus d’une décennie.

Depuis 2013, la structure dirigée par Philippe Sinault a construit la crédibilité d’Alpine en endurance à travers une progression méthodique, des titres en LMP2 jusqu’à l’engagement en Hypercar. Cette culture de la rigueur et de l’endurance dans l’effort se retrouve aujourd’hui dans la capacité de l’équipe à exploiter un programme complexe avec constance.

Aragón en est une illustration concrète : une séance dense, structurée, sans dispersion, où chaque kilomètre parcouru s’inscrit dans une logique de développement précise.

C’est précisément cette montée en puissance qui rend la situation actuelle difficile à interpréter.

Alpine dispose d’une voiture désormais comprise, d’une équipe stabilisée et d’un environnement technique solide. Pourtant, 2026 marquera la fin de ce programme Hypercar. Le départ de Bruno Famin, qui avait accompagné la mise en place et les premières étapes du projet, s’inscrit dans cette phase de transition mais souligne aussi une forme de rupture au moment où l’ensemble devient compétitif.

Axel Plasse reprend ces responsabilités dans une logique de continuité technique, mais le timing interroge. Dans une discipline où les cycles de performance s’inscrivent sur plusieurs années, interrompre un programme au moment où il atteint sa maturité pose inévitablement question.

Sur le plan sportif, en revanche, les perspectives sont claires.

Alpine Endurance Team aborde la saison 2026 avec des arguments solides. La fiabilité observée lors des essais, la compréhension accrue des pneumatiques et la cohérence des équipages permettent d’envisager une présence régulière aux avant-postes. Face à des constructeurs comme Toyota, Ferrari ou Porsche, la performance pure ne suffira pas toujours, mais la capacité à exécuter des courses propres et constantes reste un levier déterminant.

Dans ce contexte, des circuits comme Imola, Spa-Francorchamps ou Le Mans offrent de réelles opportunités, à condition de convertir ce potentiel en résultats concrets.


Ils ont dit

Axel Plasse, VP Alpine Tech

« Nous tenons tout d’abord à remercier Bruno Famin pour son travail et son engagement envers le programme endurance d’Alpine. Il a joué un rôle clé dans la mise en place du projet et a soutenu l’équipe dès ses premières phases de développement, qui se sont concrétisées par trois beaux podiums ainsi qu’une victoire marquante à Fuji.

Dans la continuité de mon rôle de VP Alpine Tech, au sein duquel je supervisais déjà le programme, je reprends également les responsabilités de Bruno en travaillant encore plus étroitement au soutien de l’équipe aux côtés de Philippe Sinault. Les récents essais à MotorLand Aragón nous ont permis de poursuivre notre apprentissage de l’Alpine A424 et d’approfondir plusieurs axes de développement des performances.

Malgré le report de la manche d’ouverture au Qatar, l’équipe reste pleinement concentrée. Avec nos partenaires, acteurs clés de ce projet, notre objectif est de continuer à progresser et de tirer le maximum de cette dernière saison du programme. »

Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team

« Nos essais à Motorland Aragón ont constitué un moment important de notre préparation dans la continuité du travail engagé au Castellet et à Portimão. Faire rouler l’Alpine A424 dans sa configuration 2026 sur un format d’endurance de 24 heures nous a permis de mener un programme particulièrement dense, avec nos deux équipages réunis pour la première fois.

Nous nous sommes notamment concentrés sur l’aérodynamique et la compréhension des pneumatiques sur un circuit aux vitesses de pointe représentatives et aux conditions de piste variées. Le bilan est positif, avec plus de 3 000 kilomètres parcourus et la contribution de nos six pilotes à un travail de corrélation précieux. Si le report du Qatar est regrettable, il nous a offert du temps supplémentaire pour préparer le coup d’envoi de la saison.

Nous restons pleinement mobilisés, avec du travail au simulateur et de nouveaux essais prévus début avril à Spa-Francorchamps afin de continuer à affiner notre package. »

Nicolas Lapierre, Directeur sportif Alpine Endurance Team

« Je suis très satisfait des progrès réalisés avec nos évolutions pour 2026. Je suis également ravi de la rapidité avec laquelle nos deux nouveaux pilotes se sont intégrés.

Victor s’est adapté extrêmement vite tandis qu’António joue déjà un rôle clé au sein du groupe. Nos six pilotes travaillent très bien ensemble, avec un excellent esprit d’équipe qui se développe aussi bien en piste qu’en dehors.

Bien sûr, le report du Qatar est regrettable, mais nous avons hâte de commencer la saison à Imola, un circuit où nous avons signé un podium en 2025, ce qui nous donne confiance avant la première course. »

Une dernière campagne qui dépasse le cadre sportif

La saison 2026 ne sera pas une saison comme les autres.

Au-delà des enjeux de performance, elle s’inscrit dans une histoire plus longue, celle d’un engagement débuté en 2013 avec Signatech et poursuivi sans interruption au Mans depuis 2015. Pour beaucoup, cette continuité a façonné un lien particulier avec l’équipe, construit au fil des années, des succès et des phases plus complexes.

Dans ce contexte, difficile de ne pas anticiper une émotion particulière à l’approche des 24 Heures du Mans. L’épreuve s’annonce comme un point de convergence entre performance, mémoire et attachement, avec une saveur inévitablement plus amère compte tenu des décisions prises en amont.

Reste l’essentiel : sur la piste, Alpine Endurance Team dispose des moyens pour exister au plus haut niveau. Cette dernière saison doit être abordée avec cette ambition claire, celle de conclure un cycle en étant fidèle à ce qui l’a construit — la rigueur, la progression et la capacité à faire émerger la performance dans la durée.

Et dans ces conditions, il n’y a pas de doute sur l’objectif : être devant, défendre ce programme jusqu’au bout et offrir, une dernière fois, une image forte à ceux qui le suivent depuis plus d’une décennie.

Source : Alpine Endurance Team

Les Alpinistes
Les Alpinistes - Les Alpinistes, l'univers de la marque Alpine créée par Jean Rédélé en 1955. Son histoire, son actualité et son futur... la renaissance d'une légende française.
Alpine Endurance Team : validation grandeur nature de l’A424 2026 à Aragón

Espace publicitaire · 300×250