C’est lors des Assises nationales du tourisme de 2014 que Laurent Fabius avait donné le cap des 100 millions de touristes étrangers. L’ancien ministre des Affaires étrangères avait alors fixé cet objectif pour la France, finalement atteint en 2024.

60 milliards d’euros supplémentaires en vue

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) milite pour une nouvelle édition de cet événement, juste avant l’élection présidentielle en 2027.

Cette grand-messe public-privé permettrait, selon l’organisme, de se structurer afin de viser un objectif de 10% du PIB national en 2035, contre 8% actuellement. Les deux points de croissance génèreraient « 60 milliards d’euros de richesses supplémentaires pour le pays », s’enthousiasme Amir Reza-Tofighi, président de la CPME.

Pour lui, la France, première destination mondiale mais seulement 4e en recettes touristiques internationales, présente des atouts comme des des faiblesses. Sa compétitivité « s’érode », face à des concurrents historiques tels que l’Espagne et plus récents (Égypte, Canada, Grèce). La faute à des « freins persistants » : la fiscalité, les normes, les difficultés de recrutement. 

Un levier de croissance

Nicolas Dayot, membre du Comité exécutif de la CPME en charge du Tourisme, partage son point de vue. « Il faut changer d’échelle » et « faire du tourisme une priorité », a insisté celui qui préside aussi la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA).

Nicolas Dayot rappelle également que l’industrie représente le 4e poste excédentaire de la balance des paiements, soit 20 milliards d’euros par an.

« Le tourisme est absolument stratégique. Il est important de le positionner au plus haut niveau de l’État ». Comprenez, avec « des Assises nationales présidées par le président de la République ou le Premier ministre ».

Développer la diagonale du vide et contrer le bashing

Le patron des campings français évoque les signes d’un déclassement à travers les chiffres de fréquentation des hébergements collectifs. Sur ce critère, la France était le premier pays il y a 20 ans. L’année dernière, l’Espagne a enregistré 500 millions de nuitées, l’Italie 458 millions et la France 451 millions.

Nicolas Dayot regrette aussi le fait que des maires et des schémas touristiques restent timorés pour ne pas déplaire aux électeurs. Prenant le contre-pied du surtourisme, il milite pour l’essor de tous les segments et la mise en tourisme des territoires en sous-tourisme.

« Il y a une diagonale du vide en France où nous pourrions développer le tourisme. Les Assises nationales sont essentielles pour lever des freins. Nous avons besoin d’une impulsion nationale, d’une trajectoire commune et de pédagogie. Il faut convaincre les Français que le tourisme est un bienfait pour le pays. »

« Seule la croissance touristique permettra de financer la transition écologique », ajoute Amir Reza-Tofighi.

Des aides demandées pour les agences de voyages

Nicolas Dayot et Amir Reza-Tofighi ont également fait le point sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et de la hausse des prix du pétrole sur l’activité « outgoing ».

Globalement, les agences de voyages enregistrent une baisse de « plus de 30% » des réservations de voyages, estiment-ils. Ce recul atteint 90% pour les spécialistes du Moyen-Orient.

Afin de faire face aux difficultés économiques, la CPME milite pour des aides ciblées. L’organisme qui rassemble 26 fédérations liées au tourisme (hôtellerie-restauration, agences de voyages, campings…) plaide auprès du gouvernement pour un dispositif de chômage partiel qui permettrait d’éviter des licenciements économiques, un report et un allègement des charges. Histoire de préserver le tissu économique existant.

Les Entreprises du Voyage qui en sont membres ont récemment évoqué l’option du chômage partiel, que François Piot (Prêt à Partir) ne soutient pas.

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