
A l’issue de l’examen en première lecture projet de budget de la sécurité sociale à l’Assemblée, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est dit jeudi 13 novembre "inquiet du déficit", dans un entretien au Parisien, estimant qu’il pourrait atteindre 24 milliards d’euros en 2026, plus que cette année. A ce stade "il nous manque beaucoup d’économies que l’on a du mal à faire voter", a-t-il reconnu.
"Notre objectif était de le réduire, en le faisant passer de 23 à 17 milliards d’euros. Aujourd’hui, selon nos derniers calculs, nous pourrions atteindre les 24 milliards", a précisé le ministre. "Quand la copie finale arrivera à l’Assemblée en décembre, tout le monde devra faire un pas vers l’autre", a-t-il ajouté, en appelant à "la responsabilité de tous les parlementaires".
6,8 milliards supplémentaires de déficit
Si le projet de budget de la Sécu était adopté dans sa version modifiée par l’Assemblée, "nous passerions d’un déficit de 17,5 milliards d’euros" prévu initialement par le gouvernement, à un déficit "d’environ 24,3 milliards d’euros", avait aussi expliqué plus tôt dans la journée Thibault Bazin (LR), rapporteur général de la commission des Affaires sociales, au lendemain de la fin de l’examen du texte en première lecture par les députés.
Selon ses calculs, les changements apportés par l’Assemblée nationale au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026 creuseraient son déficit de 6,8 milliards. Dans le détail, "l’Assemblée a réduit les mesures d’économies […] d’environ 3,8 milliards d’euros et les recettes supplémentaires de 4,8 milliards d’euros" a-t-il indiqué.
En revanche, côté bonus, le projet de budget bénéficie de 1,8 milliard d’euros de transfert supplémentaire du budget de l’Etat vers la Sécurité sociale, a précisé Thibault Bazin. Selon le rapporteur, le gouvernement est d’accord pour compenser des exonérations ciblées de cotisations sociales non compensées jusqu’à présent, à hauteur de 2,5 milliards d’euros. Cette enveloppe est toutefois diminuée de 700 millions d’euros par la suppression par les députés de l’assujettissement à l’impôt sur le revenu des indemnités journalières des personnes en Affections longue durée (ALD). Le rendement de cette mesure devait être affecté à la Sécu.
Une "discussion de compromis"
Le projet de budget de la Sécurité sociale va être examiné par le Sénat à partir de la semaine prochaine, dans sa version modifiée par l’Assemblée. Il reviendra devant les députés en décembre pour son adoption finale. "Notre volonté au gouvernement, c'est de garder une copie qui baisse le trou de la Sécu en-dessous des 20 milliards" d'euros, ce qui permettrait de "laisser un peu de place à différentes propositions des oppositions", a déclaré ce vendredi matin la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur Sud Radio.
"On est dans une discussion de compromis, on est ouvert à faire évoluer, on n'est pas à 17 milliards pile, ça n'aurait pas de sens", a-t-elle ajouté, soulignant que la barre des 20 milliards d'euros de déficit est la "trajectoire" que le gouvernement envisage aussi "pour les années suivantes".


