Routes payantes sur le Tour de France : le verdict tombe !

« Très inquiet » pour le cyclisme Jérôme Pineau a fait une proposition choc, dimanche, dans le podcast Grand plateau de RMC. L’ancien coureur a en effet milité pour rendre certaines portions du Tour de France payantes. « Sur la scène mondiale, on est les seuls artistes qui ne touchent pas d’argent pour leur spectacle », a-t-il lancé pour commencer.

« Je vais choquer du monde mais aujourd’hui on a créé une étape qui va faire deux fois l’Alpe d’Huez, privatisons les cinq derniers kilomètres de l’Alpe d’Huez, faisons payer l’entrée, faisons des VIP, créons quelque chose pour faire gagner de l’argent », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Dans l’histoire du vélo, c’est populaire, c’est un sport gratuit. Mais un sport gratuit où il n’y a plus de coureurs sur la route parce qu’il n’y a plus que deux équipes Bahreïn et UAE, c’est moins fun quand même. »

Les propos de Jérôme Pineau ont suscité de nombreuses réactions. « Je pense que c’est la seule solution pour assurer notre avenir. Nous sommes le seul sport sans billetterie. Le cyclisme ne peut plus se permettre d’attendre pour survivre. Plus nous deviendrons autonomes et durables, plus nous progresserons », a confié Filippo Pozzato, ancien coureur désormais organisateur de courses en Italie.

« On va toucher à un débat national »

Mais pour David Lappartient, le patron de l’UCI, la solution est néanmoins difficilement envisageable. « Il faut poser un cadre juridique, faire payer l’espace public en France, c’est compliqué. Et puis, je pense que les gens vont vouloir quand même que ça aille au coureur, in fine », a-t-il expliqué, précisant : « Ce n’est pas dans le domaine de l’impossible, ce sera quand même une révolution par rapport à ce qu’on a l’habitude d’avoir. Et regardez, quand vous voulez bouger l’âge de la retraite… Alors si vous voulez faire payer le Tour de France, vous n’êtes pas rendu.»   

« La billetterie, c’est un peu compliqué dans le Tour de France parce qu’historiquement, là, on va toucher à un débat national, a-t-il renchéri. Les départements, régions, communes qui financent vont dire oui, mais moi, je veux bien le Tour, mais je veux que les gens puissent venir gratuitement chez moi. Quand j’étais organisateur du Grand Prix de Plumelec, on faisait payer dans la côte de Cadoudal et on a pu continuer à organiser parce qu’on avait ces revenus-là. C’était 5 euros par personne, le public comprend. »  

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