« La croissance est deux à trois fois plus forte dans le segment du luxe », selon le PDG d’Accor

D’une dizaine de marques à son arrivée en 2013, le groupe Accor a inauguré cette semaine sa 48e, Emblèmes.

48 marques

« Il y a 12 ans, je savais qu’on avait beaucoup de trous dans la raquette, aujourd’hui je crois qu’il n’y en a plus », estime le dirigeant.

« J’ai toujours rêvé d’être architecte. Les 48 marques d’Accor, c’est 48 étages d’une tour et je ne connais ni la hauteur de la tour, ni la forme du toit. Ce que je sais, c’est que les fondations sont extrêmement solides et nous proposons d’en avoir une 49e, une 50e », poursuit-il.

Le groupe, qui était présent sur toute la gamme hôtelière, souhaite toutefois se désengager de l’ultra-économique en cherchant à vendre la marque F1 (ex Formule 1).

Désengagement de l’ultra-économique

Si ce segment est « moins la priorité du groupe », « ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas un avenir pour Formule 1 », assure le patron.

« Cette marque est très forte en termes de notoriété mais on ne s’en est pas assez occupé. On n’a pas trouvé le bon partenariat, on le recherche toujours », indique-t-il.

Alors que le groupe tire encore les deux niveaux de son chiffre d’affaires de sa division « premium, milieu de gamme et économique », avec des marques comme Ibis, Mercure, Novotel, Pullman, le PDG insiste sur l’importance de « préserver la croissance et l’identité de ces marques » historiques.

Si « la croissance est deux à trois fois plus forte dans le segment du luxe », « la part de marché n’est pas la même. Il y a un segment qui croît plus vite que l’autre mais ça ne peut pas être au détriment des marques historiques », assure-t-il.

« Ennismore, c’est un succès phénoménal »

L’un des succès de la division « luxe et lifestyle » est la création d’Ennismore, coentreprise détenue à 62% par Accor que le groupe envisage d’introduire en Bourse.

« Ennismore, c’est un succès phénoménal en termes de portefeuille de marque et un succès inouï en termes de préservation d’identité de ces marques », salue-t-il.

« Nous sommes pour une fois 2 ans en avance sur tous nos concurrents américains ou chinois, alors qu’on a souvent été 20 ans en arrière. Cette avance fait qu’il faut accélérer, pour avoir une notoriété et avoir accès à des marchés porteurs plus importants que sont les États-Unis », détaille-t-il.

« Il faut qu’on montre nos muscles », souligne le dirigeant. Précisant toutefois que « la décision n’est pas prise » sur l’entrée en Bourse, y compris sur la place de cotation, et le serait dans les douze mois.

Nouveau mandat de trois ans

La croissance d’Ennismore est l’un des chantiers prioritaires définis par le dirigeant quand son mandat a été renouvelé cette année par anticipation pour 3 ans, avec la cession d’AccorInvest, ancien pôle immobilier du groupe rebaptisé depuis Essendi.

« Quand je suis arrivé, la transformation du groupe était nécessaire en termes de géographie, en termes de marque et en termes de business model (modèle d’affaires, NDLR) », retrace le dirigeant.

« Cette transformation est derrière nous, donc le profil qui va arriver (pour lui succéder, NDLR) c’est vraiment un profil de développeur, d’accélérateur, peut-être d’ailleurs de tech, ou d’intelligence artificielle », estime-t-il.

Une succession en préparation

Le conseil d’administration est en train de travailler sur ce profil. « Il faut déjà définir les qualités requises pour diriger ce groupe, qualités que je n’avais pas toutes en arrivant », admet le PDG qui espère que ce choix se portera sur des profils internes.

« J’ai toujours dit qu’il fallait un œil neuf, je n’ai aucune peur et encore moins de tristesse. On a encore un peu de temps, c’est très naturel et ce sera bien préparé », affirme Sébastien Bazin.

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