Jean-Pierre Papin n’a jamais vraiment digéré son passage à l’AC Milan entre 1992 et 1994. Recruté en grande pompe après son Ballon d’Or 1991, le Français a vécu un calvaire en Lombardie. Fabio Capello l’a cloué sur le banc, concurrencé par Marco van Basten, George Weah ou Daniele Massaro. Peu de temps de jeu, beaucoup de frustrations. Trente ans plus tard, un ancien coéquipier vient de lui infliger une humiliation supplémentaire. Dans une interview accordée à France Football, Dejan Savicevic a lâché une phrase cinglante sur le champion du monde 1998.
Les propos cinglants de Savićević sur Papin
Le Monténégrin, légende de l’Étoile Rouge Belgrade puis de l’AC Milan, n’y est pas allé de main morte. « Papin ? C’était un bon avant-centre, mais pas un joueur au niveau du Ballon d’Or comme Marco van Basten ou George Weah, deux autres de mes coéquipiers qui l’ont gagné. Au Milan, même Daniele Massaro marquait plus que lui. » Savicevic enfonce le clou : il ne considère pas Papin comme un concurrent à la hauteur des légendes milanaises. Étonnant, venant d’un joueur qui a terminé deuxième du Ballon d’Or 1991… derrière Papin justement.
En 1991, Jean-Pierre Papin remporte le Ballon d’Or. Dejan Savicevic, alors meneur de jeu de l’Étoile Rouge Belgrade, champion d’Europe en titre, finit deuxième. Trente quatre ans plus tard, la blessure n’a pas cicatrisé. Savicevic ne cache pas son amertume : pour lui, le trophée aurait dû lui revenir. Ses propos ressemblent davantage à un règlement de comptes qu’à une analyse posée. D’autant plus qu’il avait déjà tenu le même discours il y a une dizaine d’années dans un entretien à So Foot.
Une vieille rancune jamais digérée
Cette aigreur transparaît aussi dans ses mots sur Ibrahim Ba, autre Français passé par Milan. « Je ne le percevais pas comme une menace, c’était plus un sprinteur avec un ballon. » Savicevic n’a gardé aucune tendresse pour ses anciens coéquipiers tricolores. Mais ses attaques révèlent surtout une jalousie tenace. Le Monténégrin a brillé à Belgrade, puis à Milan. Mais il est resté dans l’ombre de Papin en 1991. Et ça, il ne l’a jamais accepté.
Papin peut encaisser la critique. Il a connu pire à Milan : le banc, l’humiliation, les choix de Capello qui le snobaient. Cette pique publique d’un ancien concurrent n’arrangera pas le souvenir de son séjour lombard. Mais une chose demeure : son Ballon d’Or 1991. Savicevic peut bien dénigrer, personne ne lui enlèvera ce trophée. Il l’a remporté, devançant le Monténégrin et toute l’Étoile Rouge. C’est gravé dans l’histoire. Les attaques de Savicevic ne sont que l’écho d’une frustration vieille de trente ans. Papin reste Ballon d’Or. Savicevic restera éternel second.


