L'INTERVIEW Luc Poulain d'Andecy (Promolive) : « Les oléiculteurs familiaux sont la mémoire des savoir-faire ancestraux »
<p><strong>Obectif Gard : Quelles sont les priorit&eacute;s de l&rsquo;association Promolive pour l&rsquo;ann&eacute;e 2026 ? </strong></p> <p><strong>Luc Poulain d&#39;Andecy </strong>: Il y en a deux. La premi&egrave;re est de trouver un nouveau local plus fonctionnel de 50 m&egrave;tres carr&eacute;s minimum. Nous attendons l&rsquo;aboutissement du projet de moulin p&eacute;dagogique de 175 m&egrave;tres carr&eacute;s avec un espace moulin, un espace accueil scolaire pour voir comment se fait l&rsquo;huile et une petite olivette p&eacute;dagogique. Ce projet en cours avec N&icirc;mes m&eacute;tropole est suspendu aux &eacute;lections municipales.</p> <p><strong>Et la seconde priorit&eacute; ?</strong></p> <p>Anticiper l&rsquo;&eacute;volution de la fili&egrave;re ol&eacute;icole professionnelle dans laquelle l&rsquo;ol&eacute;iculture familiale tient une place importante : d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;organisation des deuxi&egrave;mes Assises nationales de l&rsquo;ol&eacute;iculture familiale le 21 mai prochain dans un lieu encore &agrave; d&eacute;finir.</p> <p><strong>Quels seront les enjeux de ces assises ?</strong></p> <p>De l&#39;aveu m&ecirc;me de France Olive, l&rsquo;agriculture, notamment la viticulture, en crise voit dans l&rsquo;ol&eacute;iculture une opportunit&eacute; car nous importons 95 % de ce que nous consommons en France.</p> <p><strong>L&rsquo;ol&eacute;iculture est-elle rentable ?</strong></p> <p>Pour esp&eacute;rer &ecirc;tre rentable, il faudra passer &agrave; une ol&eacute;iculture hyperintensive dite &laquo; en haie fruiti&egrave;re &raquo; avec des olives de vari&eacute;t&eacute;s espagnoles mondialis&eacute;es adapt&eacute;es comme l&rsquo;Arbequine et des vergers irrigu&eacute;s. Ce n&rsquo;est pas gagn&eacute; car nous produirons toujours plus cher que l&rsquo;Espagne. Les professionnels devront apprendre &agrave; produire de cette mani&egrave;re, &agrave; trouver et m&ecirc;me &agrave; cr&eacute;er un march&eacute; entre celui d&rsquo;entr&eacute;e de gamme espagnol et le haut de gamme fran&ccedil;ais actuel bas&eacute; sur une culture traditionnelle, des olives locales, une d&eacute;marche qualit&eacute; valoris&eacute;e. Or cette nouvelle ol&eacute;iculture de substitution que nous estimons illusoire risque de doubler la production fran&ccedil;aise et d&#39;inonder le march&eacute; de 5000 tonnes suppl&eacute;mentaires.</p> <p><strong>Quel r&ocirc;le peut tenir l&rsquo;ol&eacute;iculture familiale dans ce d&eacute;bat ?</strong></p> <p>Elle repr&eacute;sente les trois quarts des ol&eacute;iculteurs fran&ccedil;ais, 30 000 ol&eacute;iculteurs sur un total de 40 000. Elle p&egrave;se entre 30 et 70 % des apports d&rsquo;olives dans les moulins priv&eacute;s ou coop&eacute;ratifs. Sur les 5 000 tonnes d&rsquo;huile produites en France chaque ann&eacute;e, 1 300 ne se retrouvent pas sur le march&eacute; car elles retournent aux ol&eacute;iculteurs familiaux qui ont apport&eacute; leurs olives pour une autoconsommation. Les ol&eacute;iculteurs familiaux sont la m&eacute;moire des savoir-faire ancestraux, son &acirc;me et l&rsquo;identit&eacute; des terroirs ol&eacute;icoles et leurs vari&eacute;t&eacute;s locales.</p> Luc Poulain d&#39;Andecy.
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