Ça coince sur le statut des joueurs pour la future Ligue 3 !
National J15 Concarneau - Saint-Brieuc (Photo Philippe Le Brech)

La Ligue 3 professionnelle doit voir le jour lors de la saison 2026-2027. Mais il reste encore du travail, notamment sur le statut du joueur.

Le jeudi 22 janvier, l’Union Nationale des Footballeurs professionnels (UNFP) rencontre les syndicats Foot Unis (pros) et U2C2F (amateurs). Le but est de poursuive les discussions sur le statut des joueurs de la future Ligue 3, qui va remplacer le championnat National actuel à partir de juillet 2026. Mais les différents acteurs ne sont pas – pour l’instant – sur la même longueur d’onde. « Nous avons été prévenus tard, au mois d’octobre, explique Fabien Safanjon, le vice-président de l’UNFP. Ça laisse donc peu de temps pour construire une convention collective. » 

Surtout peu de temps pour trouver un accord entre deux mondes qui sont diamétralement opposés. Car les clubs professionnels ne veulent pas faire de concessions. « Aujourd’hui, on est plus proches du contrat fédéral que du contrat professionnel, précise Fabien Safanjon. Cela permettrait de faire la bascule pour les clubs qui sont promus ou relégués en Ligue 3. Mais Foot Unis n’est pas d’accord sur la partie accident du travail et maladie. »

C’est cette même partie qui empêche aujourd’hui la signature de la convention collective pour les joueuses d’Arkema Première Ligue. « J’ai peur qu’on retrouve les même crispations chez les garçons que chez les filles, confirme Pascal Bovis, le président du FC Fleury 91. Il y a des jeux de posture par rapport à ce qui se passe en Ligue 1 et Ligue 2. Par exemple, le salaire minimum d’un contrat fédéral est supérieur à la charte des joueurs professionnels. » La suite est un peu plus technique.

« C’est le Paris Saint-Germain qui freine des deux pieds »

D’après l’article 276 de la charte du joueur professionnel (accidents du travail ou maladie), « le joueur perçoit pendant au moins trois mois, à compter du jour où a été établi le certificat d’arrêt de travail, la différence entre son salaire mensuel fixe et les indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale ». Ce qui est différent de l’article 38 du statut du joueur fédéral. En plus des 90 premiers jours, les joueurs (et joueuses) peuvent avoir un maintien de salaire jusqu’à 180 jours suivant certains conditions. Ce que Foot Unis ne veut absolument pas négocier. « C’est principalement le Paris Saint-Germain qui freine des deux pieds » concèdent plusieurs sources proches du dossier.

L’agrément des centres de formation est également un problème. « Les clubs pros proposent un contrat d’un an pour les jeunes joueurs, indique Fabien Safanjon. Or ce n’est pas possible car ça ne les sécurise pas du tout. En Ligue 1 et Ligue 2, c’est deux ans. » Les clubs de Ligue 3 auraient ainsi du mal à fidéliser leurs meilleurs jeunes avec des conventions d’une seule année.

Il est difficilement concevable qu’une convention collective soit signée d’ici le 5 juin, date de la prochaine assemblée fédérale. « Il y a le réglementaire et le conventionnel, rappelle Pascal Bovis. Les règlements seront bien votés et la Ligue 3 verra le jour au 1er juillet 2026 ! » Mais comme en Arkema Première Ligue, les joueurs de Ligue 3 seront lésés en attendant d’avoir une convention collective !

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