Contre l’avis général et alors que la polémique enfle suite à la finale chaotique de la CAN 2025, Samuel Eto’o a apporté un soutien inattendu au sélectionneur sénégalais. Invité sur un plateau de télévision lundi, le président de la Fédération camerounaise a validé la décision de Pape Thiaw d’ordonner à ses joueurs de quitter la pelouse pour protester contre l’arbitrage. Une prise de position qui détonne, alors que Walid Regragui, le sélectionneur marocain, a qualifié ce geste de « honteux » et estimé qu’il « n’honore pas l’Afrique ».
Une justification confuse
L’argumentaire de l’ancien Barcelonais apparaît toutefois décousu. « Le sélectionneur a eu le courage de défendre son équipe. Il faut prendre ces risques-là. Au final, le Sénégal gagne et c’est ce qu’il faut retenir », a déclaré Eto’o, privilégiant le résultat à la manière. Paradoxalement, il a ajouté qu’il « faut tout faire pour que les émotions ne débordent pas », alors même qu’il félicite un acte d’insubordination majeur qui a interrompu la finale pendant une trentaine de minutes et plongé le stade de Rabat dans la confusion la plus totale.
Cette tentative de théoriser le sang-froid risque de ne pas trouver un écho favorable, Samuel Eto’o traversant lui-même une zone de turbulences disciplinaires. L’icône des Lions Indomptables est mal placée pour donner des leçons : la CAF vient de lui infliger quatre matchs de suspension et 20 000 dollars d’amende pour « mauvaise conduite » et « violation des principes de fair-play » lors du quart de finale perdu contre le Maroc. Un passif récent qui discrédite sa capacité à juger sereinement les incidents de la finale.
Regragui indigné, Eto’o isolé
Si pour Eto’o, la fin justifie les moyens, le camp marocain reste scandalisé par ce « scénario hitchcockien ». Walid Regragui déplore une attitude qui manque de classe, soulignant que le respect du jeu doit primer, dans la victoire comme dans la défaite. En soutenant Pape Thiaw, Eto’o semble non seulement empiler les contradictions verbales, mais s’isole davantage sur la scène continentale, validant un comportement que les instances dirigeantes tentent justement d’éradiquer pour la crédibilité du football africain.


