
Personne ne nie l’existence de stades modernes ou d’hôtels confortables. Réduire la crédibilité d’une compétition à la qualité du béton et des chambres climatisées est une vision pour le moins simpliste. Le football ne se juge pas uniquement à l’esthétique des infrastructures, mais à l’équité sportive, à la neutralité de l’arbitrage et à l’égalité de traitement entre les équipes. C’est précisément là que le débat commence — et que vous choisissez de détourner le regard.
Vous parlez de “succès organisationnel” comme d’une vérité absolue, tout en écartant soigneusement les éléments qui dérangent. Si tout était aussi irréprochable que vous l’affirmez, pourquoi tant de polémiques récurrentes autour de l’arbitrage ? Pourquoi ce sentiment largement partagé, bien au-delà d’un seul média, que tout est mis en œuvre pour que le trophée ne quitte pas le sol marocain ?
L’arbitrage, justement, est le cœur du problème. Il ne s’agit pas de fantasmes ni de “complots médiatiques”, mais d’une succession de décisions contestables, presque toujours à sens unique, qui orientent subtilement — et parfois grossièrement — le cours des matchs. Quand ces “coïncidences” se répètent jusqu’à conduire systématiquement le pays hôte vers la finale, le doute n’est plus une invention : il devient légitime.
Quant à l’organisation “exemplaire”, permettez qu’on la relativise. L’épisode du déplacement du Sénégal pour disputer la finale à Rabat mérite mieux que votre silence sélectif. Conditions de voyage discutables, pression logistique inutile, déséquilibre évident dans la préparation : est-ce cela, l’équité que vous défendez avec tant d’ardeur ?
Vous accusez certains médias de sensationnalisme, mais votre texte tombe dans l’excès inverse : l’angélisme. Refuser toute critique, balayer toute interrogation d’un revers de main et transformer la moindre remise en question en attaque malveillante n’est pas de l’analyse, c’est de la propagande douce.
Libre à vous de croiser les bras et d’applaudir à l’avance un trophée soulevé à domicile. Mais ne demandez pas à tout le monde d’appeler cela du mérite. Pour beaucoup, cela ressemble davantage à une victoire soigneusement balisée, avec la bénédiction d’une CAF dont la neutralité est depuis longtemps sujette à caution.
Le football africain mérite mieux que des récits à sens unique. Il mérite la vérité, même lorsqu’elle dérange.





