Le Vernis de l’ancien
« Le méchant goût du siècle en cela me fait peur ;Nos pères, tout grossiers, l’avaient beaucoup meilleur,Et je prise bien moins tout ce que l’on admire,Qu’une vieille chanson que je m’en vais vous dire. »Molière, Le Misanthrope (1666) Michel Zink est un médiéviste qui a enseigné à l’université, à l’École normale supérieure et au Collège de France. Le Moyen Âge et ses chansons. Un passé en trompe-l’œil est un bref essai issu composé de deux parties : « Leçon inaugurale de la chaire de Littératures de la France médiévale au Collège de France prononcée le 24 mars 1995 suivi du cours donné en mai 1995 ». L’auteur signale un décalage notamment stylistique entre les deux parties qui sont d’un volume inégal : Ce petit livre, publié une première fois en 1996 aux Éditions de Fallois, contient la leçon inaugurale de la chaire Littératures de la France médiévale au Collège de France, prononcée le 24 mars 1995, et le cours qui l’a prolongée en mai de la même année. On ne s’étonnera donc pas qu’au ton plus soutenu de la leçon inaugurale succèdent le propos sans apprêt et les sinuosités d’un cours reproduit ici à peu près tel qu’il a été donné il y a trente ans. (p. 9). Les raisons de cette réédition ne sont pas mentionnées. Dans l’ouvrage, Michel Zink propose une analyse de la chanson médiévale et de ses résonances à travers les siècles. Pour rendre compte de notre lecture, nous proposons de revenir sur la façon dont l’auteur définit son objet de recherche dans sa généralité, à savoir la littérature médiévale, puis son objet de recherche particulier, à savoir les vieilles chansons, et montre l’intersection entre les deux, c’est-à-dire la façon dont la littérature médiévale en général et les chansons en particulier, traversent les siècles pour nous rejoindre. Dans Le Moyen Âge et ses chansons, Michel Zink commence donc par préciser quel sens il donne à ce que l’on appelle la littérature du Moyen Age, conformément au nom de la chaire qu’il occupe au Collège de France entre 1994 et 2016 : Certes, le mot litteratura désigne soit la grammaire soit la lecture commentée des auteurs et la connaissance qu’elle procure, mais non l’ensemble des œuvres. Certes, les langues vulgaires ne possèdent aucun terme générique de l’activité ou de l’œuvre littéraires. Mais il existe bien cependant au Moyen Age une conscience d’une telle activité et d’un corpus des œuvres. Sur le versant de la latinité, le mot litterae au sens de culture littéraire, la réflexion continue appliquée à la natur
Espace publicitaire · 300×250