Appel à contributions pour le numéro 45 (2027) des Cahiers d’études italiennes (Filigrana) Nous vivons à l’ère des scandales et, de façon permanente, par les réseaux sociaux ou les médias traditionnels, des acteurs de l’espace public de l’opinion utilisent la dénonciation d’un scandale pour tenter de remédier à ce que la morale commune ou bien leurs propres critères de jugement considèrent comme des dysfonctionnements. Le scandale est une provocation, un appel à l’indignation publique qui peut être utilisé soit comme instrument politique soit comme une des méthodes de promotion publique d’idées, d’œuvres, de personnalités. Le scandale peut ainsi être considéré comme une technique de fabrication et/ou de mobilisation d’une opinion publique (Boucheron, Offenstadt, 2011). Cette articulation entre normes sociales et espace public est au cœur de la question du scandale. Pourtant, l’origine de la notion de scandale, dans le vocabulaire comme dans le fait social, est religieuse. Elle recouvre d’autres réalités que le scandale « moderne » qui se développe progressivement à partir du XVIe siècle. Issu du vocabulaire théologique médiéval (du grec skandalon, « pierre d’achoppement ») qui s’appuie sur les occurrences de ce mot et de ses équivalents dans le texte de la Bible (obstacle, piège, abomination, [...]
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