L’avion a eu du retard, mais les idées, elles, étaient claires. Contraints d’atterrir à Rennes en raison d’un épais brouillard sur l’Anjou, les Phocéens auraient pu avoir les jambes lourdes au coup d’envoi. Il n’en fut rien. Vexé par sa récente défaite contre Nantes, l’Olympique de Marseille a livré une réaction d’orgueil cinglante, transformant ce déplacement piège en une véritable démonstration de force.
Un récital de quarante minutes
Il n’aura fallu qu’un quart d’heure d’observation pour que la machine De Zerbi se mette en route. À la 19e minute, au terme d’un mouvement initié par Mason Greenwood, Amine Gouiri a profité d’un service de Murillo pour ouvrir le bal. Ce fut le début du déferlement.
Cinq minutes plus tard, Greenwood, servi par un Emerson des grands soirs, inscrivait son 12e but de la saison. Le latéral italien, véritable plaque tournante samedi soir, a remis le couvert à la 33e minute : sa passe plein axe a trouvé Hamed Traoré qui, après avoir laissé filer le cuir pour s’ouvrir le chemin du but, a fusillé le portier angevin (0-3). L’estocade de ce premier acte est venue de Timothy Weah (40e), concluant une action collective limpide. Seule la réduction du score d’Amine Sbaï dans le temps additionnel (45e+3) est venue ternir une mi-temps proche de la perfection.
Paixao a participé à la fête
Fort de cet avantage conséquent, l’OM a logiquement géré le rythme au retour des vestiaires, gardant un œil sur le choc de Ligue des Champions contre Liverpool prévu mercredi. En face, le SCO a affiché ses limites. Privés de leur maître à jouer Himad Abdelli – que la rumeur envoie d’ailleurs sur la Canebière –, les Angevins n’ont jamais pu exister.
Mais même en gestion, Marseille reste affamé. Alors que la rencontre semblait s’éteindre, les entrants ont rallumé la lumière. À la 88e minute, sur une touche jouée rapidement, Pierre-Emile Højbjerg a transpercé l’axe avant de servir Paixao. Le Brésilien ne s’est pas fait prier pour placer une frappe croisée du droit imparable (1-5).
La fête était totale, ou presque. Car dans les ultimes secondes, un relâchement coupable de l’arrière-garde olympienne a permis à Jim Allevinah de réduire l’écart sur un contre (2-5, 90e+2). Un but sans conséquence comptable, mais qui a sans doute fait grimacer Roberto De Zerbi, dont l’exigence est totale.
L’OM sécurise le podium, mais perd Nadir
Au classement, l’opération reste excellente. L’OM reprend sa marche en avant et relègue le LOSC, quatrième, à trois longueurs. Seule véritable ombre au tableau de cette soirée de gala : la sortie sur blessure de Bilal Nadir (82e). Une fausse note dont l’OM se serait bien passé avant de défier les Reds dans un Vélodrome qui s’annonce bouillant.
