Adil Rami parle du Maroc

Par Rédaction | Sport

Champion du monde avec l’équipe de France en 2018, Adil Rami a longtemps incarné une trajectoire hors normes dans le football professionnel. D’origine marocaine, le défenseur central aurait pourtant pu connaître un destin bien différent sur la scène internationale. Un choix crucial, mûrement réfléchi, qui continue de susciter les interrogations. Avec le recul, il a accepté d’en dire plus.

Figure bien connue du football français, Adil Rami n’a jamais emprunté les chemins balisés des centres de formation. Passé par le monde amateur et longtemps partagé entre le ballon rond et un emploi de garagiste, le natif de Bastia s’est révélé sur le tard. Arrivé au LOSC en 2006 à seulement 21 ans, il s’est imposé à force de travail et de détermination, jusqu’à devenir l’un des artisans majeurs du doublé championnat–Coupe de France en 2011.

Cette ascension fulgurante lui a ouvert les portes de l’équipe de France, avec laquelle il connaîtra le sommet ultime en Russie, lors de la Coupe du monde 2018. Pourtant, avant de s’installer durablement dans le paysage des Bleus, une autre sélection nationale lui faisait les yeux doux. En tant que Franco-Marocain, l’ancien joueur de Lille, de Valence ou encore de l’Olympique de Marseille avait la possibilité de défendre les couleurs des Lions de l’Atlas.

Un choix loin d’être anodin, d’autant plus que l’appel du Maroc avait tout pour le séduire à l’époque. Mais au moment décisif, Adil Rami a décidé de temporiser, guidé par une ambition nouvelle et par les conseils de son entourage. C’est plusieurs années plus tard qu’il est revenu en détail sur cette décision fondatrice. Dans une longue interview accordée à Canal+, l’ex-défenseur des Bleus a expliqué :

« Les soirées à Casablanca et Marrakech sont sympas, mais je ne choisis jamais mes destinations professionnelles pour les soirées. Quand le Maroc m’approche j’ai enfin intégré l’exigence du haut niveau. Comme je n’ai pas fait de centre de formation, personne ne m’a jamais appris à jouer au football et à gérer les extras. Quand j’intègre ces choses, je veux simplement être le meilleur. »

Des propos révélateurs d’un joueur alors en pleine prise de conscience, désireux de repousser ses propres limites. Mais au-delà de cette réflexion personnelle, une discussion a pesé lourd dans la balance. Un échange déterminant avec Claude Puel, son entraîneur de l’époque, qui l’a incité à voir plus grand. Toujours face aux caméras de Canal+, Adil Rami a poursuivi en évoquant ce moment charnière :

« Et c’est vrai que quand le Maroc m’appelle, j’étais le plus heureux. Je voulais absolument rejoindre l’équipe nationale, mais comme me l’a dit un jour Claude Puel : « Ne te mets aucune barrière, tu ne sais pas ce que tu vaux, tu ne sais pas ce que tu vas devenir. Tu devrais penser à l’équipe de France ». À ce moment-là, des gens pensaient que je pouvais aller encore plus haut. »

À l’écoute de ces paroles, le futur champion du monde a préféré patienter et continuer sa progression en club, convaincu qu’un avenir avec les Bleus restait possible. Une patience finalement récompensée, tant son parcours l’a mené jusqu’au toit du football mondial.

Avec le recul, ce choix apparaît aujourd’hui comme l’un des tournants majeurs de sa carrière. Sans renier ses origines ni son attachement au Maroc, Adil Rami a suivi son instinct et les conseils de ceux qui croyaient en son potentiel. Un pari audacieux, mais gagnant, qui l’a inscrit à jamais dans l’histoire du football français.

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