L’ambiance était déjà électrique, la tension palpable à l’approche de la finale tant attendue de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal, tenant du titre, et le Maroc, pays hôte. Les craintes sénégalaises autour d’un arbitrage favorable et de suspensions ciblées avaient déjà nourri une certaine méfiance. Mais personne ne s’attendait à ce que le sélectionneur sénégalais lui-même ne jette un bidon d’huile sur le feu lors de la conférence de presse d’avant-match.

Une comparaison qui jette de l’huile sur le feu

Interrogé sur le chaos qui a entouré l’arrivée de son équipe à la gare de Rabat la veille, où ses joueurs se sont retrouvés sans protection au milieu de la foule, Pape Thiaw n’a pas mâché ses mots. « Les joueurs étaient en danger », a-t-il lâché, qualifiant la situation d' »anormale ». Mais il est allé bien plus loin, en faisant une comparaison pour le moins osée. Évoquant la finale du CHAN 2023 qu’il a remportée en Algérie, il a déclaré : « Nous avons joué la finale du CHAN avec l’Algérie et ça s’est passé dans des conditions plus que merveilleuses. L’organisation était exceptionnelle ».

Dans le contexte des relations diplomatiques et sportives notoirement tendues entre le Maroc et l’Algérie, cette déclaration sonne comme une véritable provocation. La lancer depuis un pupitre, au cœur de Rabat, à moins de 24 heures de la finale, est une prise de risque considérable. En utilisant le voisin et rival algérien comme mètre étalon de la réussite organisationnelle, Thiaw a touché un point sensible de l’orgueil marocain. Il ne s’est clairement pas fait que des amis.

La Fédération obligée de calmer le jeu

La sortie du sélectionneur n’a pas manqué de faire réagir, envenimant une salle de presse déjà sur les nerfs. Conscient de la portée diplomatique des propos de son entraîneur, la Fédération Sénégalaise de Football a d’ailleurs joué les pompiers de service. Trois heures à peine après la conférence de presse, un communiqué officiel a été publié pour remercier la fédération marocaine d’avoir « tout remis en ordre » et renforcé le dispositif de sécurité. Un rétropédalage en règle, qui suggère que Thiaw s’est peut-être un peu empressé de titiller les Marocains.

Même si les problèmes logistiques sont désormais réglés, les mots, eux, restent. Cette comparaison maladroite, ou volontairement piquante, a ajouté une couche de tension psychologique à une finale qui n’en avait pas besoin. La fête du football africain risquerait presque de passer au second plan, éclipsée par une polémique dont tout le monde se serait bien passé.

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