<p>Antonio Filosa a profité de la tribune de Détroit pour rassurer. Stellantis conserve ses 14 marques, coupant court aux spéculations sur la vente de Maserati ou d’autres marques. Mais derrière cette stabilité de façade, c’est une révolution qui s’opère pour effacer l’ère Tavares. Le groupe s'apprête à sacrifier la technologie hybride rechargeable outre-Atlantique au profit de l'hybride simple et du thermique à essence. Avec 13 milliards de dollars d'investissements et le retour du V8, Stellantis veut sauver sa peau sur son marché le plus rentable.</p> <h2>L'unité sacrée de Stellantis</h2> <p>Antonio Filosa (qui a succédé à Carlos Tavares) a une mission périlleuse, celle d’éteindre l'incendie qui ravage la maison <a href="https://www.autoplus.fr/marque/stellantis?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Stellantis</a>. La première annonce fut celle de la cohésion. <em>"Nous voulons rester ensemble, c'est une bonne combinaison"</em>, rapporte <a href="https://www.autonews.com/stellantis/ane-stellantis-filosa-group-brands-0115/?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Autonews</a>, mettant fin aux rumeurs de vente à la découpe. <strong>Non, </strong><a href="https://www.autoplus.fr/marque/maserati?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown"><strong>Maserati</strong></a><strong> ne sera pas bradé à un concurrent chinois</strong>. La direction parie sur le fait que la puissance de feu de ce portefeuille de 14 marques, unique dans l'industrie, est un atout majeur pour amortir les chocs, à condition de cesser de les gérer uniquement par le prisme des économies de coûts. Cependant, ce maintien de l'organigramme s'accompagne d'une purge, très clairement. <strong>L'ère du tout-électrique à marche forcée est officiellement révolue</strong>. Les objectifs de vendre 50 % de véhicules électriques aux États-Unis d'ici 2030 sont désormais oubliés.</p> <p><strong>Ce renoncement marque la fin d'une époque où Stellantis tentait d'imposer au marché ce qu'il devait acheter</strong>. Désormais, le groupe se plie à la demande qui se situe aux alentours de 30 000 dollars. C'est la nouvelle ligne de flottaison fixée par la direction. Stellantis s'était embourgeoisé, augmentant ses tarifs de manière déraisonnable pour gonfler ses marges à court terme, au point de faire fuir sa clientèle, hélas. Pour faire revenir les acheteurs dans les showrooms déserts, il faut des voitures plus abordables, et pour faire des voitures abordables aujourd'hui, il faut renoncer aux batteries qui coûtent trop cher. C'est donc un retour aux fondamentaux du commerce pour le groupe Stellantis, où le prix est roi.</p> <h2>La mort du PHEV</h2> <p>Si la première partie du plan est financière, la seconde est technique et elle risque de faire beaucoup de bruit. <a href="https://www.autoplus.fr/actualite/lhybride-rechargeable-est-il-vraiment-une-fausse-bonne-idee-la-reponse-de-gm-1419615.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">En écho aux aveux de General Motors</a>, <strong>Stellantis s'apprête à opérer une rupture technologique majeure en Amérique du Nord</strong> avec l'arrêt programmé de l'hybride rechargeable (PHEV). La technologie 4xe, qui équipe les Wrangler et Grand Cherokee et qui a pourtant permis à <a href="https://www.autoplus.fr/marque/jeep?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Jeep</a> de dominer statistiquement le marché des hybrides branchés, est sur la sellette. Il faut dire que les clients achètent ces véhicules ne les branchent presque jamais, traînant ainsi des batteries mortes et surconsommant de l'essence. <strong>Le groupe va donc basculer massivement ses investissements vers l'hybride classique (HEV) et, surtout, vers le thermique pur et dur. </strong>De plus<strong>, </strong>la marque Ram, en grande souffrance, va réintroduire le célèbre V8 Hemi sous les capots, accompagné de versions haute performance comme le TRX. Stellantis va aussi combler un vide béant dans sa gamme en lançant un pick-up de taille moyenne, probablement pour succéder au Dakota. C'est un segment de volume que le groupe avait abandonné, laissant le champ libre à Ford et Toyota.</p> <p>Jeep, qui a perdu de son éclat, va lancer ou renouveler quatre modèles en douze mois. <strong>Le retour du nom Cherokee est confirmé</strong>, et il ne s'agira pas d'un SUV électrique, mais d'un véhicule à volume, conçu pour faire du chiffre. Stellantis a promis d'investir 13 milliards de dollars aux États-Unis sur les quatre prochaines années. D'une part, pour moderniser un outil industriel vieillissant. D'autre part, pour donner des gages à la nouvelle administration Trump. Antonio Filosa doit transformer Stellantis, perçu parfois comme par les Américains comme étant trop européen ou trop français sous Tavares. En 2026, le groupe ne cherchera plus à sauver la planète, mais à sauver ses marges, quitte à faire fumer la gomme et à brûler de l'essence. C'est peut-être un peu cynique, mais c'est ce que le marché réclame…</p> <meta name="original-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/gouvernance-identite-avenir-le-message-dantonio-filosa-a-stellantis-1419838.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/gouvernance-identite-avenir-le-message-dantonio-filosa-a-stellantis-1419838.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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