En France, près de 49% des adolescentes abandonnent le sport avant 15 ans, soit six fois plus que les garçons, selon l’étude MGEN-Kantar 2026. Parmi elles, 45,2% arrêtent malgré un réel intérêt, révélant des freins structurels qui transforment un loisir en contrainte. Cette enquête inédite, menée auprès de 507 jeunes filles de 13-20 ans et complétée par des focus groups, alerte les fédérations, clubs et sponsors sur un enjeu majeur d’inclusion et de business durable.

L’étude décortique quatre obstacles principaux qui expliquent ce décrochage massif. D’abord, la non-prise en compte des spécificités du corps féminin : 63% des répondantes trouvent le sport moins agréable à cause des changements pubertaires (poids, poitrine, croissance), et 55% citent les règles comme frein régulier, avec un manque d’information ou d’équipement adapté. Ensuite, un milieu sous pression : 55% ne se sentent pas en sécurité (vestiaires, trajets), 42% ont subi des comportements déplacés (moqueries, sexisme), et 61% se sentent jugées, amplifié par les réseaux sociaux.

Troisièmement, une pratique peu accessible : 58% évoquent des coûts prohibitifs (inscriptions, équipements, déplacements), 57% manquent d’installations proches, et les emplois du temps scolaires saturés (57%) rendent les horaires inadaptés. Enfin, une culture de la compétition dissuasive : les injonctions à progresser constamment génèrent stress et perte de plaisir, surtout chez les filles sensibles au jugement.​

Des disparités socio-démographiques criantes

Les données croisées montrent des vulnérabilités spécifiques. À Paris et en Île-de-France, 67% des filles citent les règles comme frein, contre 37% dans le Sud-Ouest ; les rurales déplorent plus les infrastructures manquantes (66%). Les 17-20 ans sont plus touchées par le manque de confiance (57%) que les 13-16 ans, soulignant un décrochage progressif qui creuse les inégalités de santé physique et mentale à l’âge adulte.​

Recommandations pour relancer l’engagement

Les adolescentes proposent des solutions concrètes : normaliser le cycle menstruel via des formations de coachs, offrir des tenues flexibles, créer des groupes par niveau plutôt que par âge pour les débutantes, et des formats « la carte » (séances courtes, sans engagement annuel). Promouvoir la santé mentale et des ambiances bienveillantes via parrainages et mixité progressive pourrait inverser la tendance, ouvrant des opportunités marketing pour les sponsors engagés dans le sport féminin.

Alain Jouve

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