<p>Se rappeler qu’enfant, on quittait la maison sans portable ni adulte pour rejoindre l’école a de quoi faire frissonner plus d’un parent d’aujourd’hui. Dans les années 60 et 70, cette façon de vivre paraissait pourtant évidente, surtout dans une France encore très rurale où le quartier tout entier connaissait les enfants.</p> <p>Pour ceux qui ont connu l’<strong>école dans les années 60</strong>, ces scènes restent d’une étonnante banalité alors qu’elles feraient hurler bien des <strong>parents modernes</strong>. Entre trajets à pied, discipline de fer et longues heures sans surveillance, certains souvenirs ressemblent presque à un film d’aventures.</p> <h2>École primaire des années 60 : un cadre exigeant et très tôt responsabilisant</h2> <p>Dans de nombreux villages, rejoindre l’<strong>école primaire</strong> signifiait parcourir 3 ou 4 km à pied, cartable en cuir sur le dos. Les familles n’avaient pas toujours de voiture, les cars scolaires étaient rares. Une fois arrivés, la cloche lançait des journées bien remplies, de 8 h 30 à 12 heures puis de 13 h 30 à 16 h 30, six jours sur sept, avant le passage du <strong>certificat d’études</strong> vers 14 ans.</p> <p>La classe pouvait rassembler plusieurs niveaux dans une même salle, avec ces fameuses classes multi-niveaux où un seul instituteur gérait tout. La discipline restait très stricte, les <strong>punitions physiques</strong> n’étaient pas exceptionnelles. Règle sur les doigts, humiliations publiques, bonnet d’âne marquaient les esprits, pendant qu’à la récréation les enfants se lançaient dans les osselets, les billes ou la marelle, souvent sur un bitume dur.</p> <h2>Neuf souvenirs qui feraient bondir les parents d’aujourd’hui</h2> <p>Dans ce décor très encadré, le chemin de l’école et les retours à la maison offraient une liberté totale. Neuf situations reviennent souvent dans les récits d’anciens élèves, et feraient sans doute serrer les dents à bien des adultes d’aujourd’hui.</p> <ul> <li>Partir seul au petit matin d’hiver, parfois dans un froid mordant et une rue encore déserte.</li> <li>Traverser des routes à plusieurs voies en se répétant : "Tu regardes bien des deux côtés et tu cours vite", a raconté un ancien élève cité par le site geediting.com.</li> <li>Couper par des terrains vagues, des chantiers ou des jardins privés pour gagner quelques précieuses minutes.</li> <li>Ne disposer d’aucun moyen pour appeler ses parents en cas de problème, sauf une cabine téléphonique si l’on avait une pièce.</li> <li>Monter dans la voiture d’un voisin qui lançait "Je connais ta mère à l’église", sans siège-auto ni ceinture pour tout le monde.</li> <li>Gérer seul les bagarres, les moqueries et les petits caïds du trajet, sans intervention d’adultes.</li> <li>Marcher sous la neige, la pluie battante ou la canicule, l’école n’étant fermée qu’en cas d’extrême urgence.</li> <li>Être chargé, dès 9 ou 10 ans, d’escorter un petit frère ou une petite sœur jusqu’à la grille.</li> <li>Avoir plusieurs heures non surveillées après la classe, avec consigne de rentrer "avant le dîner" ou "quand les réverbères s’allument", quitte à expliquer un bleu par un simple "je suis tombé de mon vélo".</li> </ul> <p>Tout cela se vivait sans smartphone, sans GPS, sans messagerie instantanée : une vraie enfance sans filet, entre entraide, frayeurs et grandes fiertés de se débrouiller seul.</p> <h2>Parents modernes face à cette liberté d’hier</h2> <p>Pour beaucoup d’adultes d’aujourd’hui, habitués à suivre les déplacements des enfants en temps réel, ces souvenirs flirtent avec l’inconscience. Ils racontent pourtant une époque où l’autonomie se construisait très tôt, dans les trajets scolaires comme dans la cour. Entre crainte des risques et nostalgie de cette liberté, la question reste ouverte : jusqu’où laisser partir les enfants pour qu’ils apprennent, eux aussi, à se sentir capables ?</p> <meta name="original-source" content="https://www.mariefrance.fr/culture/ecole-des-annees-60-70-ces-9-souvenirs-du-quotidien-glaceraient-le-sang-des-parents-daujourdhui-1237017.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.mariefrance.fr/culture/ecole-des-annees-60-70-ces-9-souvenirs-du-quotidien-glaceraient-le-sang-des-parents-daujourdhui-1237017.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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