A voir lutter Lou Jeanmonnot, finalement 2e de la course, avec une pourtant très impressionnante Hanna Oeberg pour la victoire, ce vendredi lors du sprint de Ruhpolding (Allemagne), le dernier avant les Jeux de Milan-Cortina, il semblait impossible d’imaginer que la Franc-Comtoise avait connu une grosse frayeur, plus tôt dans l’après-midi, juste avant de prendre le départ.
Pourtant, la grande malheureuse du dénouement de la saison dernière, avec cette chute dans le dernier virage de la dernière course, a bien connu une forte montée de stress. Un début d’affolement qui aurait pu lui coûter très cher sans l’intervention de Cyril Burdet, venu en aide à sa leader à quelques minutes pour cette dernière de s’élancer. Et de terminer 2e avec à la clé de précieux points qui lui permette de conforter son dossard jaune de leader du classement général.
« Je suis contente, car je me fais simplement battre par meilleure que moi aujourd’hui. Je n’ai pas de regrets. Je suis même très contente car je ne pensais pas que ce dernier tour était aussi bon », savourait Jeanmonnot, revenue ensuite sur ce gros coup de stress. « Il y avait un peu ce côté où il faut absolument tirer à dix et je ne me sentais pas très bien à cause de ça. Je me mettais une belle pression qui a entamé un peu ma confiance. Je suis allée voir Cyril et on a parlé un peu de tout ça », a révélé la quadruple championne du monde en relais, encore tout heureuse après-coup que son entraîneur ait trouvé les mots pour la calmer, et la rassurer.
Burdet : « C’est plus la volonté de vouloir gagner vraiment chaque course »
« On y a passé un petit peu de temps (rires) mais grosso mode, c’était chaque chose en son temps. Et quelque chose qui marche bien chez moi, c’est l’adaptation un peu au dernier moment. En gros, pas commencer à imaginer ce que je vais ressentir au pas de tir alors qu’on est à une demi-heure de la course, mais plutôt attendre les cinq-dix derniers mètres avant de valider l’état d’esprit dans lequel je suis et d’adapter mon tir face à ça. »
L’entraîneur des Bleus a évoqué ensuite à son tour le gros coup de panique de sa protégée, et raconté comme il y avait remédié. « Elle est venue me voir (…) Il y avait beaucoup de stress et un peu de peur par rapport à cet exercice ici qu’elle savait redoutable en termes d’exigence. On a échangé et recentré un peu les choses sur un plan plus séquence par séquence, et vraisemblablement, ça l’a aidée », a raconté Burdet, qui associe cette montée de stress au nouveau statut de la native de Pontarlier. « C’est plus la volonté de vouloir gagner vraiment chaque course, de vouloir performer et de se retrouver parfois coincée dans ses ambitions ».

