Lorsque le froid s’installe, de nombreux arbres fruitiers « se mettent à l’arrêt » et entrent en repos hivernal, mais il existe aussi des espèces résistantes au froid capables de supporter des températures extrêmes, de croître vigoureusement et de rester belles tout au long de l’année.

De nombreux oiseaux deviennent de véritables « fans » de l’arbre dès que les fruits commencent à mûrir si bien qu’il fait aussi office de hotspot de la biodiversité dans le jardin.
De nombreux oiseaux deviennent de véritables « fans » de l’arbre dès que les fruits commencent à mûrir si bien qu’il fait aussi office de hotspot de la biodiversité dans le jardin.

Dans le monde du jardinage, il se passe quelque chose d’étrange : dès que l’on parle de climat froid, beaucoup de personnes se résignent à l’idée que leur jardin ne « fera belle figure » qu’au printemps et en été. Et je ne peux pas leur en vouloir – le froid modifie le rythme de presque tout : le sol se refroidit, l’activité microbienne diminue et la plupart des plantes entrent dans une sorte de mode économie d’énergie.

C’est pourquoi concevoir un jardin d’hiver ne consiste pas seulement à choisir de jolies plantes, mais aussi à comprendre leur comportement. Pour les arbres fruitiers, le défi est double. Il ne suffit pas qu’ils supportent le gel, ils doivent aussi structurer l’espace, fleurir correctement et éviter de produire du bois affaibli.

De nombreux arbres fruitiers peuvent survivre dans des conditions froides, mais deviennent lents, stressés ou produisent de manière irrégulière. À cela s’ajoute le facteur esthétique : en hiver, lorsque les feuilles tombent, la plupart des arbres ne sont plus que des « troncs et des branches ». Parfois c’est élégant, parfois cela donne l’impression d’un jardin sans vie.

Si l’on tient compte du fait que, dans les régions froides, la saison verte est plus courte, il devient alors essentiel que l’arbre ait davantage à offrir : une silhouette marquée, une écorce intéressante ou une coloration automnale remarquable.

La mûre produit un type de fruit multiple qui ressemble à une mûre allongée, et la couleur finale est généralement un indicateur plus fiable de la maturité que la taille.
La mûre produit un type de fruit multiple qui ressemble à une mûre allongée, et la couleur finale est généralement un indicateur plus fiable de la maturité que la taille.

Un arbre fruitier au jardin n’est pas seulement un arbre fruitier. Il apporte de l’ombre, crée un microclimat, offre un habitat, nourrit la faune et sert d’élément structurant central. Si vous faites le bon choix, l’arbre travaille pour vous – en revanche, un mauvais choix vous fera passer votre temps à régler des problèmes.

Le mûrier : un arbre fruitier à croissance rapide qui n’a pas peur du froid

Le mûrier appartient au genre Morus, un groupe d’espèces qui se comportent comme de petits à moyens arbres. Dans de bonnes conditions, il peut pousser de manière très vigoureuse ; des rapports techniques et spécialisés indiquent que de nombreux mûriers peuvent croître de plus de 3 mètres par an et produire des fruits très tôt.

En climat froid, plusieurs espèces de mûriers entrent de façon fiable en dormance et se rétablissent rapidement lorsque les températures remontent, ce qui donne une plante qui s’installe vite et nécessite généralement moins d’entretien que d’autres arbres fruitiers plus « sensibles ».

Le bois de mûrier est traditionnellement utilisé pour de petits travaux de menuiserie et la fabrication d’outils, car il est très durable une fois correctement séché.

De nombreux mûriers offrent aussi une belle fin de saison : leurs feuilles peuvent prendre des teintes jaunes et dorées en automne et, même après la chute du feuillage, ils restent visuellement intéressants grâce à leur structure de branches, en particulier chez les variétés aux formes retombantes ou aux ramifications marquées.

En matière d’espèces et de variétés, un choix attentif est essentiel. Il est fréquent de parler des « mûriers » comme s’il s’agissait d’une seule et même plante, alors que toutes ne se comportent pas de la même manière face au froid. Si votre priorité est la résistance aux hivers rigoureux, l’une des variétés les plus souvent recommandées pour sa tolérance au froid est le mûrier dit russe (Morus alba var. tatarica).

Si vous recherchez une production abondante et une longue période de récolte, il existe des hybrides et des variétés populaires comme « Illinois Everbearing » (Morus alba × rubra), réputées pour leur productivité et leurs bonnes performances en climat froid, avec une mise à fruit souvent rapide.

En revanche, si votre région connaît des froids très marqués, certains mûriers sont à éviter. Le mûrier noir (Morus nigra) est généralement moins rustique, et le « mûrier du Pakistan » (Morus macroura) souffre souvent de dégâts liés au gel et d’un débourrement trop précoce, ensuite exposé aux gelées tardives.

Où le planter pour qu’il pousse vite sans poser de problèmes

Si vous souhaitez que le mûrier pousse comme un « arbre turbo », l’emplacement est déterminant. De manière générale, il se développe le mieux en plein soleil ; il tolère un peu d’ombre, mais la production de fruits et la vigueur sont en principe meilleures avec davantage de lumière.

Il faut aussi penser de façon pratique : les mûriers peuvent être salissants. Si vous plantez une variété fruitière, gardez à l’esprit que les fruits mûrs tombent et peuvent tacher les surfaces. Évitez donc de le placer à proximité d’un chemin, d’une allée ou d’une terrasse claire, et tenez compte de ce point dès la plantation.

Dans certains jardins, la croissance peut être maintenue plus compacte grâce à une taille de formation précoce, ce qui est un avantage dans les petits jardins.
Dans certains jardins, la croissance peut être maintenue plus compacte grâce à une taille de formation précoce, ce qui est un avantage dans les petits jardins.

Si vous recherchez uniquement un effet décoratif et n’avez aucun intérêt pour les fruits, il existe des variétés sélectionnées pour leur port, notamment des formes retombantes utilisées spécifiquement en aménagement paysager.

La première année est décisive : des arrosages profonds et réguliers aident les racines à s’enfoncer en profondeur. Une fois l’arbre bien installé, il demande généralement peu d’entretien. Ce qui améliore fortement la résistance au froid, c’est le fait de « stabiliser » le sol : une couche de paillage aide à réguler la température et l’humidité dans la zone racinaire.

Avant que le sol ne gèle (ou avant l’arrivée des semaines les plus froides), le profil du sol doit être correctement humidifié. Un sol humide amortit mieux les variations de température qu’un sol sec et réduit ainsi le stress subi par les racines lors des vagues de froid, en particulier chez les jeunes arbres.

La taille des mûriers relève davantage de la mise en forme que d’une « taille pour tailler ». À un jeune âge, il est préférable de construire une couronne solide et équilibrée. À maturité, il suffit d’enlever les branches mortes, abîmées ou qui se croisent.

De nombreux jardiniers recommandent de tailler l’arbre lorsqu’il est totalement en repos végétatif et dépourvu de feuilles. Il convient alors d’éviter les grosses coupes et de choisir des journées sans fortes gelées.

Un point important concerne l’« écoulement » de la sève. Certaines espèces ont tendance à perdre de la sève lorsqu’elles sont taillées en période de forte circulation, notamment de la fin de l’hiver au début du printemps, lorsque la sève commence à remonter.

Observer l’impact écologique : dans certains endroits, le mûrier peut devenir invasif

Aux États-Unis, par exemple, Morus alba est répertorié comme une espèce pouvant se comporter de manière invasive dans certaines régions, et plusieurs institutions soulignent sa capacité à se propager et à concurrencer la végétation indigène.

Cela signifie-t-il qu’il ne faut jamais le planter ? Pas nécessairement. Cela implique surtout de choisir la bonne variété, de la gérer de façon responsable et d’empêcher sa propagation vers les milieux naturels lorsque ce risque existe dans votre région.

Dans l’ensemble, le mûrier se distingue par une combinaison rare : croissance rapide, bonne résistance au froid, production de fruits et attrait visuel. Cet ensemble en fait une option très intéressante pour les jardins des régions tempérées fraîches, des zones d’altitude ou des endroits où l’hiver limite d’autres espèces.

Avec les mûriers, la réussite dépend moins d’un « don pour le jardinage » que du choix de l’espèce ou de la variété adaptée à votre climat et de son implantation à un endroit où elle ne posera ni problème d’espace ni problème de taches. En respectant ces principes, vous obtiendrez un arbre fruitier qui produira rapidement et vous demandera moins de soucis.

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