Le Journal

Les années Hidalgo : la maire « anti-voiture » qui a mis les Parisiens au vélo

Loi sur la fin de vie : une « marche pour la vie » organisée à Paris ce dimanche, deux jours avant les débats au Sénat
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« J’ai vu ce que je dois travailler » : après un meeting d’Austin prometteur, cap sur les Euros pour Léon Marchand

« Maison de retraite » sur TF 1 : la série dérivée du film prévue au printemps
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Menaces de nouveaux droits de douane : Trump a « beaucoup à y perdre aussi », affirme la ministre de l’Agriculture
Olivier Assayas et Emmanuel Carrère, deux artistes en quête de vérité

Controversial TV host hospitalized after nasty fall: ‘I blame Donald Trump’

En Libye, la réponse d’urgence aux réfugiés soudanais, victime collatérale de la baisse de l’aide internationale
A Koufra, première ville libyenne en plein désert après la frontière, où la population a doublé du fait de l’afflux de personnes fuyant les combats, la maigre assistance fournie par les ONG menace de disparaître à cause de la réduction de leurs financements.

Entretien avec Guillaume Bachy, président de l’AFCAE
Au terme d’une année difficile, le président de l’Association française des cinémas art et essai met en avant l’importance de la diversité des films, dont les sorties doivent être mieux réparties tout au long de l’année et le nombre de séances affiné. Et se réjouit de la vigueur du mouvement art et essai comme du soutien du CNC… qu’il faut réaffirmer. Interview publiée dans le Boxoffice Pro n°507 du 7 janvier 2026 Il n’y a pas trop de films, mais trop de films qui sortent à la même période. Quel bilan tirez-vous de 2025, en général et pour l’art et essai ? On ne peut pas réinventer l’année, qui n’a pas été forte en grands films. Mais, pour moi qui ai commencé à travailler dans les années 90, une année à 157 millions d’entrées, ça ne me fait pas peur. Les salles classées représentent environ 36 % de la fréquentation, comme en 2024. Quant aux films art et essai, en attendant les chiffres définitifs, ils ont eu une part de marché de 27 %, plus haute qu’en 2024 à la même période (24 %). Sachant qu’il y a eu moins de gros succès populaires en 2025, ils s’en sortent mieux, en proportion, que l’année d’avant. On constate que quand les propositions de films sont là, les spectateurs répondent présents. Certains ont trouvé un écho plus large que le public art et essai : Une bataille après l’autre avec 1,5 million d’entrées, La Femme la plus riche du monde, L’Attachement, Sirāt qui est une vraie surprise, et Un simple accident, Arco, L’Étranger ou La Petite dernière qui ont fonctionné dans l’ensemble des salles. Si l’on va plus loin dans le top 20, des films comme A Normal Family, Black Dog, ou Amélie et la métaphysique des tubes – qui ont eux aussi été soutenus par l’AFCAE – témoignent de la richesse de notre offre cinématographique, alors que le marché américain est polarisé sur deux ou trois titres. Ce sont d’abord les films de la diversité qui ont fait l’offre, et c’est cette diversité des films art et essai qui fait la structure de l’exploitation française. Les succès art et essai ont-ils bénéficié aux salles art et essai elles-mêmes, sachant que, par exemple, un film comme La Voix de Hind Rajab cartonne dans les multiplexes ? Dans le cas de La Voix de Hind Rajab, comme pour Muganga, on est sur un public d’occasionnels qui retourne au cinéma pour un film sociétal dont la thématique l’intéresse. Les multiplexes ayant beaucoup d’écrans, ils peuvent garder ces films plus longtemps et cela contribue à leur succès dans la durée. Pour le reste, les films art et essai performent et progressent d’abord dans les salles art et essai ; ce sont elles qui ont le public pour ces films, même s’ils sont aujourd’hui programmés aussi dans les circuits, face au manque d’offre hollywoodienne. Justement, faut-il rééquilibrer la programmation des films ? Nous attendons beaucoup du comité de concertation mis en place par le CNC. Aujourd’hui, l’exploitation et la distribution sont un peu perdues et nous avons besoin d’une réflexion commune : faire vivre les films n’est pas qu’une question de tarifs et de stratégie nationale, mais relève d’un choix de l’éditeur-distributeur film par film, zone par zone, cinéma par cinéma. La programmation ne doit pas se faire de façon globale, surtout pas avec l’intelligence artificielle, mais par le dialogue. C’est ce que nous espérons retrouver dans ce comité de concertation, qui prépare justement une ambitieuse recommandation sur le travail en commun avec nos amis distributeurs. Il reste notamment beaucoup de travail sur les zones à concurrence, où l’accès aux films pour les salles art et essai est très tendu. Le nombre de séances doit-il être régulé ? Il doit être questionnée. Sur cette fin d’année, la multidiffusion de films grand public, programmés parfois jusqu’à 140 séances par semaine alors que, dans le même cinéma, des films art et essai n’en comptent parfois que 20, interroge sur l’équilibre à trouver. Comment sort-on un film aujourd’hui ? Quelle est sa place et où est sa place ? Aujourd’hui, on demande aux…
“Imperial Princess”, l’ultra-moderne solitude selon Virgil Vernier
Dans ce moyen métrage filmé comme un journal intime, le réalisateur de '100 Mille Milliards' retrouve Monaco, refuge fantomatique d'une jeune fille esseulée. Alors que Monaco s'apprête à accueillir son annuel grand prix de Formule 1, Iulia (Perminova), jeune fille russe, est seule dans la ville. Son père est rentré à Moscou après l'échec de plusieurs transactions financières (phônomène répandu au lendemain de l'invasion de l'Ukraine par la Russie). Une menace indicible plane au-dessus de la tête de la petite fille riche désormais désargentée, prisonnière en cavale planquée dans une salle de sport réaménagée en appartement-donjon à la vue imprenable sur le gros rocher qui scintille d'ênseignes lumineuses. Tourné en parallèle et au même endroit que 100 Mille Milliards (2024), troisième long de Virgil Vernier, Imperial Princess s'inscrit dans la continuité du travail de son auteur, qui n'a cessé de regarder ces paysages urbains et mondialisés comme les royaumes tristes de notre présent. Àcipe première que ce nouveau film épouse une forme singulière, celle d'un journal intime/journal de bord filmé par la protagoniste a l'iPhone. En off, Iulia raconte son quotidien, son histoire. Son errance ressemble à celle d'un personnage de jeu vidéo. Autour d'elle tout semble irréel, immatériel, fantomatique, et on ne sait plus s'il s'agit d'un rève ou d'un cauchemar, d'àjourd'hui, d'hier ou de demain – chez Vernier, le présent est déjá un vestige, comme ces étroiles qui brillent dans la nuit mais sont, en réalité, déjà mortes, èteintes. Sans excès de curiosité morbide ou de voyeurisme, Imperial Princess se révèle extrêmement délicat dans le portrait qu'il brosse de sa jeune protagoniste. Le film met intelligemment en partage notre intimité et la sienne. Sa solitude devient un peu la nôtre, l'image tremblante d'un smartphone, le signe de nos hésitations, son reflet dans une vitre ou dans un selfie, un miroir tendu à notre individualité. Imperial Princess saisit alors très justement le paradoxe, symptomatique de notre époque, d'une solitude, d'un &eacut;puisement, d'une perte de sens &eacut;voluant, pourtant, dans un monde de sollicitations permanentes. Imperial Princess de Virgil Vernier, avec Iulia Perminova (Fra., 2024, 0 h 48). En salle le 21 janvier.
