Le Journal

Le 1er novembre 1923 dans le ciel : Une compagnie aérienne de plus

Eurowings : le réseau moyen-courrier se muscle avec Dubaï et Amman au détriment des liaisons nationales

Problèmes moteurs GTF : SWISS immobilise ses Airbus A220-100 pour au moins 18 mois
Swiss International Air Lines (SWISS) a pris la décision radicale de mettre au sol l’intégralité de sa flotte de neuf Airbus A220-100 pendant une durée minimale de 18 mois, en raison des problèmes persistants affectant les moteurs Pratt & Whitney équipant ces appareils. Cette mesure, annoncée par le directeur financier Dennis Weber lors de la présentation des résultats du troisième trimestre 2025, intervient après des années de difficultés liées à la fiabilité des moteurs à turbofan à engrenages (GTF). Si cette suspension ne réduira pas la taille effective de la flotte en service, elle bouleverse néanmoins le fonctionnement opérationnel de la compagnie helvétique. SWISS, qui fut le client de lancement de l’A220-100 (alors nommé Bombardier CS100) en 2016, avait misé sur cet appareil pour ses performances élevées en termes de consommation de carburant et pour le confort notable offert par sa cabine lumineuse et spacieuse. L’A220-100 est également reconnu pour sa capacité d’approche très prononcée, ce qui le rend apte à desservir l’aéroport exigeant de Londres City, son principal usage spécifique chez SWISS. Toutefois, ces derniers mois, la compagnie a vu la fiabilité de ses moteurs Pratt & Whitney GTF se détériorer, principalement à cause d’un phénomène de corrosion lié à un défaut de production. Cette problématique a engendré des mises à pied prolongées, ainsi qu’une difficulté croissante à maintenir ses appareils en état opérationnel. En conséquence, SWISS a choisi d’immobiliser tous ses A220-100 pour pouvoir utiliser leurs moteurs comme pièces détachées afin de garantir la disponibilité de sa flotte plus nombreuse d’A220-300, modèles plus grands et clé dans son réseau. L’impact opérationnel La flotte SWISS A220 est aujourd’hui composée de 30 appareils, dont 21 A220-300, dont les moteurs sont du même type que ceux des neufs A220-100, ce qui rend possible la récupération des moteurs des plus petits appareils pour la maintenance des plus grands. Cette stratégie vise à simplifier la gestion de la flotte et à améliorer la fiabilité opérationnelle face aux attentes des passagers et aux exigences du réseau. Cependant, la mise à l’arrêt des A220-100 entraîne des ajustements, notamment pour les vols vers Londres City, où SWISS utilisait cet appareil pour ses capacités d’approche particulières. Ces vols seront désormais assurés par son partenaire Helvetic Airways, qui opère avec des Embraer 190-E2 et 195-E2, bien adaptés à cet aéroport. « Ce n’est pas un problème de sécurité, mais un effort constant à gérer. Les A220-100 resteront au sol pour environ un an et demi », a expliqué Dennis Weber, CFO de SWISS. Cette durée peut donc s’étendre jusqu’en 2027, marquant une période d’adaptation difficile pour SWISS tout en évitant une réduction significative de ses capacités. Enjeux financiers et industriels Cette situation survient dans un contexte économique déjà tendu pour la compagnie, qui a vu son bénéfice opérationnel diminuer de près de 20% sur les neuf premiers mois de 2025, affecté notamment par un recul de la demande dans la classe économique sur les routes transatlantiques. Le recours à la flotte de partenaires ou à des appareils loués, comme les A220-300 supplémentaires d’airBaltic, a également provoqué quelques tensions en Suisse en raison des différences salariales des équipages. Par ailleurs, ce problème récurrent de moteurs Pratt & Whitney ne concerne pas seulement SWISS mais une variété d’opérateurs mondiaux qui exploitent ces moteurs sur plusieurs types d’appareils, notamment l’A320neo, avec un coût estimé à plusieurs milliards pour les compagnies aériennes. Avec cette stratégie de « cannibalisme » des moteurs des A220-100 au profit des A220-300, SWISS choisit de privilégier la stabilité et la robustesse de son réseau principal dans une période de difficultés industrielles sans précédent avec la gamme A220. ©BEA

Korean Air convertit une partie de sa commande d’A350-1000 en version cargo A350F

Turkish Airlines : un prêt stratégique de 412 millions de dollars par Bank of China pour l’aider à faire croître sa flotte

APG World Connect 2025 : comment communiquer pour réhabiliter l’aviation à l’heure du réchauffement climatique ?
La 16e édition du congrès APG World Connect s’est déroulé à Séville du 29 au 31 octobre 2025, rassemblant plus de 500 décideurs du secteur aérien mondial autour d’un thème brûlant : « Le pouvoir de la communication dans le transport aérien ». L’événement a été l’occasion de s’interroger sur la perception dégradée de l’aviation civile, naguère synonyme de rêve, aujourd’hui souvent source de défiance sociale en raison du dérèglement climatique. Comment réhabiliter l’image du transport aérien ? Des dirigeants des compagnies aériennes et des politiciens ont tenté d’apporter des pistes concrètes pour inverser la tendance. Du rêve à la remise en questionPendant des décennies, dire « Je travaille dans l’aviation » évoquait l’exploit technique, l’ouverture sur le monde et une part d’admiration collective, a raconté Thierry Breton, ex-commissaire européen et intervenant au World Connect. Pilotes, ingénieurs, personnels navigants ont longtemps porté l’image de pionniers guidés par la passion du progrès et l’aventure. Mais cette fierté s’est effacée au fil des ans. En quelques années, le secteur — frappé par des crises sanitaires, climatiques et économiques — est devenu la cible régulière de critiques sur ses émissions de carbone, ses modèles sociaux ou sa gestion de crises. De rêveur, l’aviateur est parfois aujourd’hui jugé comme un pollueur ou comme l’acteur d’un système mondial contesté. Alors, comment communiquer autrement pour inverser la tendance et réhabiliter le transport aérien ? Plusieurs voix se sont élevées pour rappeler le poids des symboles et la nécessité urgente d’un récit renouvelé. « Devant les oppositions du lobby écologique relayées par les gouvernements, le pouvoir de la communication apparaît comme un facteur majeur de défense », a souligné Jean-Louis Baroux, fondateur d’APG (Air Promotion Group), dans son discours d’ouverture. Et Thierry Breton de conseiller : « Il y a une différence entre parler et être entendu. À Bruxelles, tout se discute, tout se vote. Si une décision ne vous plaît pas, soyez présents dans le débat. Soyez unis. Soyez audibles, et vous redorerez votre image ». Quelles pistes pour regagner la confiance ?Les débats ont souligné la nécessité de parler d’une « seule voix », en adoptant une stratégie de communication cohérente et transparente à tous les niveaux de la filière. Thierry Breton a exhorté le secteur à s’unir pour répondre de façon éducative et équilibrée aux enjeux de la transition écologique : « Seule une mobilisation collective, appuyée sur la transparence, la pédagogie et la cohérence du discours, pourra faire bouger les lignes ». Plusieurs intervenants ont plaidé pour des campagnes axées sur l’innovation technologique (avions moins polluants, recherches sur les carburants alternatifs, initiatives RSE) mais aussi sur la valeur humaine et sociale du secteur aérien. Mettre en avant l’utilité universelle du transport aérien — pour relier les continents, soutenir le tourisme, permettre la mobilité internationale des étudiants, faciliter la coopération — pourrait redonner sens aux métiers de l’aérien et rompre l’isolement narratif, tout en acceptant la nécessité d’une transition vers un modèle plus durable. Un enjeu de pédagogie et d’unitéLa crise de réputation du secteur aérien ne trouvera pas de solution sans changement profond des méthodes de communication. Les dirigeants réunis à Séville le rappellent : il faut dépasser la réaction défensive et investir dans le dialogue, la transparence et l’explication pédagogique. Mieux valoriser les efforts entrepris, être à l’écoute des attentes sociétales, et oser raconter une histoire collective, celle d’un secteur en mutation engagée et responsable, sont les chantiers clés esquissés au World Connect 2025. @AJ/DR

ANA Group met fin à la marque AirJapan et recentre sa stratégie sur deux enseignes
Face à un environnement aérien mondial en mutation, le groupe All Nippon Airways (ANA) annonce une réorganisation majeure de sa stratégie multi-marques. À compter de l’exercice 2026, le géant japonais n’opérera plus que sous deux enseignes : ANA et Peach Aviation, marquant la suspension de la jeune marque AirJapan. Un recentrage motivé par la rentabilité et la compétitivité Le modèle à trois marques d’ANA Group visait à capter la reprise du trafic international post-pandémie en couvrant différents segments de marché. La marque ANA, pilier du groupe, s’est concentrée sur l’expansion de son réseau long-courrier depuis Tokyo-Haneda, avec de nouvelles lignes vers Stockholm, Milan et Istanbul. Peach Aviation, compagnie à bas coûts basée à Osaka-Kansai, a consolidé son rôle sur les liaisons loisirs et intra-asiatiques, notamment vers la Corée et Taïwan. Enfin, AirJapan Lancé en février 2024 avec une première liaison entre Tokyo-Narita et Bangkok-Suvarnabhumi, s’est positionnée sur le créneau moyen-courrier à tarifs intermédiaires depuis Tokyo-Narita, exploitait des routes vers Bangkok, Séoul et Singapour. Cependant, comme l’explique ANA Group, « la conjoncture mondiale marquée par le conflit prolongé en Ukraine et les retards de livraisons d’avions impose une optimisation accrue de nos ressources. » AirJapan suspendue, ressources transférées à ANA Le groupe a donc décidé de suspendre les opérations commerciales sous la marque AirJapan, afin de réallouer ses avions (deux Boeing 787-8) et ses équipages aux opérations long-courrier d’ANA. Cette consolidation permettra de renforcer la présence internationale du transporteur national japonais. L’exploitant AirJapan Co. Ltd., entité opérationnelle commune aux marques ANA et AirJapan, continuera pour sa part à voler sous la bannière ANA, « en s’appuyant sur ses standards élevés de qualité opérationnelle », précise le communiqué officiel. Le calendrier exact de cessation des vols AirJapan sera communiqué ultérieurement, sous réserve des approbations réglementaires correspondantes. En adoptant une stratégie centrée sur deux marques complémentaires, ANA Group entend « maximiser la rentabilité globale du groupe et renforcer sa compétitivité internationale ». ANA concentrera ses efforts sur la clientèle affaires et les grands axes internationaux. Peach continuera à alimenter le réseau régional et les flux touristiques asiatiques, profitant de la forte demande inbound (voyageurs étrangers au Japon). Ce repositionnement vise à renforcer la cohérence du portefeuille de marques dans un contexte de hausse des coûts d’exploitation et de tensions sur la chaîne d’approvisionnement aéronautique. ANA Group, pilier du transport aérien japonais Fondé en 1952, ANA Holdings Inc. regroupe aujourd’hui plusieurs filiales dont ANA, Peach Aviation, ANA Cargo et ANA Wings. La compagnie principale exploite une flotte majoritairement composée de Boeing 787 Dreamliner et d’Airbus A320neo/A321neo, tandis que Peach exploite des A320 et A321LR. En 2025, ANA a transporté plus de 45 millions de passagers, consolidant sa place de leader sur le marché intérieur japonais face à Japan Airlines (JAL). ©ANA

Groupe Lufthansa : bénéfice opérationnel de 1,3 milliard d’euros au troisième trimestre 2025 et perspectives positives pour 2025
Le groupe Lufthansa a publié ses résultats du troisième trimestre 2025, affichant un chiffre d’affaires en hausse de 4% à 11,2 milliards d’euros, un record historique pour la compagnie. Malgré une légère baisse de la marge opérationnelle à 11,9%, le bénéfice opérationnel ajusté s’est maintenu à 1,3 milliard d’euros, à niveau comparable à 2024. Sur les neuf premiers mois de l’année, le bénéfice opérationnel a progressé de 300 millions d’euros pour atteindre 1,5 milliard. « Notre bilan du troisième trimestre est globalement positif. Nous avons connu le meilleur été en termes d’exploitation depuis dix ans, avec une régularité exceptionnelle de plus de 99% et une ponctualité en nette amélioration à deux chiffres », a commenté Carsten Spohr, Président du directoire de Deutsche Lufthansa AG. Il souligne aussi les avancées dans les livraisons d’avions long-courriers et les innovations produits, notamment dans les cabines premium et les salons, qui ont significativement renforcé la satisfaction des passagers et des employés au sein du groupe. Une performance passagers améliorée malgré un marché concurrentiel Les compagnies passagers du groupe Lufthansa ont transporté environ 42 millions de personnes au troisième trimestre, en hausse de 5% par rapport à l’année précédente, avec un coefficient de remplissage qui a progressé légèrement à 87,5%. Le chiffre d’affaires des compagnies passagers a atteint 8,9 milliards d’euros, en hausse modeste, tandis que le résultat opérationnel s’est stabilisé à 1,2 milliard. Le contexte européen concurrentiel impacte néanmoins le revenu par siège-kilomètre disponible (RASK), qui a reculé de 2,2% au troisième trimestre, notamment du fait d’un ralentissement temporaire attendu sur le trafic transatlantique. En parallèle, la maîtrise des coûts s’est renforcée, avec une hausse limitée des coûts unitaires hors carburant à 0,5%, soutenue par la discipline budgétaire et le programme de redressement Lufthansa Airlines Turnaround Program. Le fret aérien confirme sa tendance positive avec un résultat opérationnel à 49 millions d’euros au T3, en progression, grâce à une demande stable et des volumes accrus, notamment en Asie. La division Cargo bénéficie aussi de l’intégration du fret d’ITA Airways et d’une croissance rentable. En revanche, Lufthansa Technik, spécialiste de la maintenance, a vu son bénéfice opérationnel diminuer à 130 millions d’euros, impacté par des effets négatifs liés aux tarifs douaniers américains et aux fluctuations du dollar. Le groupe poursuit ses efforts d’ajustement pour atténuer ces contraintes, tout en investissant dans le développement de nouvelles infrastructures au Portugal, au Canada et aux États-Unis. Flux de trésorerie solides et réduction de l’endettement Le flux de trésorerie disponible ajusté a presque doublé à 1,8 milliard d’euros sur neuf mois, soutenu par un meilleur résultat opérationnel, une baisse des investissements liée à des livraisons retardées d’avions et des remboursements fiscaux. L’endettement net a baissé à 5,1 milliards d’euros, avec une liquidité disponible renforcée à près de 12 milliards d’euros. Till Streichert, directeur financier, précise : « Malgré une demande faible au troisième trimestre, nous restons confiants dans notre prévision de forte croissance du résultat en 2025. Le quatrième trimestre, crucial pour Lufthansa Cargo, s’annonce également positif. En 2026, la croissance sera modérée et ciblée sur le long-courrier. » La montée en puissance des livraisons d’avions long-courriers, dont le Boeing 787 Dreamliner, permet à Lufthansa de renforcer ses liaisons internationales dans un contexte mondialisé. L’amélioration de la ponctualité et de la régularité des vols contribue à restaurer la confiance des voyageurs, facteur clé pour le tourisme et les déplacements d’affaires post-pandémie. @Copenhagen Airport

Le nouvel Airbus A321XLR d’American Airlines inaugurera au printemps sa première liaison transatlantique : vers Edimbourg

Un accord interline entre Air Austral et Aircalin relie La Réunion à Nouméa plus facilement

Volotea connectera Biarritz à Lille en juin 2026

