En quelques années, le Web s’est transformé, affiné, poursuivant son(sa) (r)évolution. Nous sommes actuellement en pleine phase d’exploration du Web3 et de ses possibilités. Et ce n’est pas du jargon de marketing digital que de le dire. C’est une réelle transformation des usages et de la culture Web qui est en train d’être proposée. Parallèlement à cela, on ressent également l’urgence d’interroger la façon dont nous construisons le numérique, est-il sobre ? Responsable ? Soutenable ?

Les organisations à l’heure de la bifurcation

Il n’a jamais été aussi simple de se lancer dans le Web : créer un site web en quelques clics, programmer une campagne de publicité pour quelques euros, bootstrapper (c’est à dire créer un projet avec des moyens financiers limités) une application afin de tester une idée rapidement sont aujourd’hui des actions à la portée de tous.

Pour autant, il n’a jamais été aussi compliqué de composer avec l’écosystème digital déjà en place, donner à son projet de la visibilité, créer une expérience en ligne qui dénote afin de la rendre mémorable, différente, personnelle, d’assurer une expérience omnicanale soignée, pertinente et bien pensée.

Il y a quelques années, la réflexion d’un projet digital se heurtait d’abord aux exigences techniques, aujourd’hui il s’agit de penser un projet digital au travers de multiples dimensions. Ainsi, de nombreux acteurs du numérique (côté agences, comme côté annonceurs) s’interrogent et doivent résoudre une équation de plus en plus complexe quand il s’agit de mener à bien leurs projets digitaux.

Une nouvelle façon de penser les projets digitaux

Le changement de paradigme réside dans la conception même de l’écosystème digital. Finies les structures complexes et monolithiques entièrement conçues autour des exigences métiers. Aujourd’hui, les organisations structurent leurs architectures autour de solutions génératrices de valeurs. Shopify en est l’exemple pour la partie CMS lors de la création de sites e-commerce B2C. Nous pourrions aussi citer Djust pour le e-commerce B2B. C’est le choix de la solution la plus efficace qui va driver l’ensemble de la transformation digitale des entreprises. Et, à la marge, viendront être apportés par petites touches des ajustements sur-mesure pour coller aux exigences métiers.

Conséquences ? En tant qu’agence, nous construisons de plus en plus de solutions découplées pour nos clients. La gestion en back-office d’un outil, et son interface en front seront traitées d’un côté et de l’autre.

Par exemple, une solution en SaaS pour la gestion de votre ERP, connectée à un PIM qui redirige les fiches produits vers votre site e-commerce B2C en Allemagne, ou vers une fiche produit ad-hoc pour votre site B2B destiné aux professionnels français. Sur une même base de données, vous allez alimenter l’ensemble de vos points de contact de vente.

Chaque brique est indépendante et surtout interchangeable. Vous souhaitez changer le front de vos pages produits pour modifier un UX Design vieillissant ? Plus besoin de tout changer. La refonte uniquement front pourra se porter sur l’expérience utilisateur, et uniquement dessus, sans modifier votre back-office et l’administration de vos outils.

Se libérer de la technique pour s’intéresser surtout aux usages

Le Web3 est un terrain d’exploration pour la plupart des entreprises et organisations. Ce Web décentralisé promet aux utilisateurs de redevenir propriétaires de leurs données et de vivre des expériences plus directes, plus immersives. L’ambition est belle, pourtant les premiers projets qui voient le jour interrogent, on en cherche même encore parfois le sens.

Qu’est-ce que le Web3 peut changer concrètement à nos vies en ligne ? Grâce à davantage de souplesse et une facilité à faire évoluer les outils, les organisations se libèrent de la technique. Elles peuvent donc se concentrer davantage sur l’expérience qu’elles souhaitent créer pour leurs clients et leurs communautés. Et le Web3 offre justement beaucoup de possibilités pour réinventer l’expérience en ligne !

Après quelques mois d’ébullition et d’initiatives autour des NFT, du metavers, cryptomonnaies, nous observons lors de cette rentrée plus de distance et de réserves de la part des marques. Nous recommandons de faire preuve de bon sens avant d’investir massivement ce segment. Interrogez-vous : en quoi les solutions du Web3 peuvent-elles servir votre projet ? Est-ce que vos outils actuels montrent des limites pour converser et interagir avec vos clients comme vous le souhaitez ? La construction d’un espace virtuel dont vous êtes le maître des lieux pourrait ainsi être séduisant, on retrouve l’essence même des débuts du Web, quand il était confidentiel et offrait des interactions et conversations de qualité.

Le Web3 aurait-il un avenir si et seulement s’il nous permettait de revenir à l’essentiel ?

Numérique responsable, greenIT, slow tech, le moins mais mieux du Web ?

Pour terminer, penchons-nous sur un autre sujet d’importance qui vient se glisser dans nos réflexions de responsable projet (que ce soit IT / marketing digital / ecommerce & co). Est-ce que l’empreinte carbone de mon projet est acceptable, est ce que ma dernière campagne publicitaire répond aux impératifs RSE de mon entreprise ?

C’est un sujet qui frise rapidement le greenwashing, tant nous avançons encore à tâtons sur les thématiques d’éco-conception, de green IT, de publicité raisonnable, etc… Les dirigeants et porteurs de projets prennent progressivement en compte les impacts environnementaux de chaque chantier dont ils ont la responsabilité.

Une première piste (évidente !) pour réduire l’impact carbone d’un projet digital, c’est de choisir ce qui fait du sens uniquement. Il s’agit alors de bien se creuser les méninges en phase de conception pour ne retenir que l’utile et réserver pour plus tard (voire jamais) des fonctionnalités plus futiles ou qui auront peu de valeur ajoutée.

La pérennité et l’évolutivité des solutions développées sont aussi des leviers puissants pour éviter de produire un dispositif qui sera vite caduque ou difficilement soutenable dans le temps. Pour cela, les solutions techniques actuelles dont nous avons parlé précédemment permettent d’apporter plus d’agilité et permettent ainsi de conserver certaines briques (comme le backoffice) plus longtemps. Il s’agit aussi de soigner la performance de son site Web. S’il est bien construit, bien développé, il chargera vite. Cela soulage les serveurs, évite d’allouer de la puissance pour rien. Google sera content et votre responsable RSE aussi.

Côté publicité et réseaux sociaux, il est parfois tentant de produire un maximum de contenus, d’augmenter la fréquence des publications et d’être gourmand dans l’utilisation de la vidéo tant les algorithmes nous encouragent dans ces pratiques peu compatibles avec nos éventuels engagements de sobriété numérique. Or, il serait sans doute préférable de mieux sélectionner nos messages pour publier des prises de parole moins fréquentes mais plus qualitatives.

En conclusion, l’avenir semble de nouveau lié à notre capacité créative et à ceux qui conçoivent aujourd’hui les récits du monde de demain.

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